Bruxelles, 27/01/2014 (Agence Europe) - Le commissaire à l'Élargissement, Stefan Füle, s'est une nouvelle fois rendu à Kiev, ces 27 et 28 janvier, pour poursuivre les efforts visant à aider à trouver un moyen de sortir de la crise et souligner l'engagement continu de l'UE, alors que l'opposition a annoncé qu'elle était prête à poursuivre les négociations avec le président Viktor Ianoukovitch, tout en avertissant que la patience avait des limites et alors que le parlement se réunit ce 28 janvier en session extraordinaire pour discuter de la situation politique.
La veille au soir, les chefs des missions de l'UE à Kiev ont salué les pourparlers entre l'opposition et le gouvernement, appelant ce dernier à tenir ses promesses et les annonces faites. « Les négociations doivent continuer », ont-ils ajouté. Ils ont appelé l'opposition à « maintenir le caractère pacifique des manifestations et à se dissocier clairement de tous ceux qui font usage de la violence ». Les chefs de mission ont exprimé leurs inquiétudes quant à la détérioration de la situation des droits de l'homme précisant que « les arrestations de blessés devant les cliniques, plusieurs cas de disparitions et de torture signalés (…) ne peuvent être en aucun cas acceptés ».
Besoin de mesures concrètes
Au retour de Kiev, les 24 et 25 janvier, M. Füle a souligné la nécessité de mettre en place une série de mesures concrètes pour rétablir la confiance et mettre fin à la crise. « Mes entretiens ont montré la nécessité d'une série de mesures concrètes pour commencer d'abord à rétablir la confiance de la population en arrêtant la spirale de la violence et de l'intimidation, complétées dans un second temps par un processus politique inclusif menant à la stabilité en Ukraine », a-t-il expliqué, précisant avoir discuté d'une série de mesures qui pourrait conduire à la confiance et à un processus politique pour mettre fin à la crise. À la suite de cette visite, M. Ianoukovitch a proposé au leader de Batkivshchyna, Arseni Iatseniouk, de devenir Premier ministre, proposition refusée par celui-ci.
Dans ses entretiens avec M. Ianoukovitch, les dirigeants des partis d'opposition, Udar Vitali Klitschko, Svoboda Oleh Tyahnybok M. Iatseniouk, et des représentants de la société civile et des manifestants place Maidan, M. Füle a souligné la nécessité de mettre fin à la violence, de lutter contre l'impunité des auteurs de violations des droits de l'homme et de poursuivre un dialogue national inclusif « pour trouver un moyen de sortir de la crise qui menace de déstabiliser davantage le pays ».
Le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, a « fortement déploré et condamné l'usage injustifié de la force et de la brutalité par les autorités contre des manifestants, la grande majorité étant encore des manifestants pacifiques ». Selon lui, le dialogue « ne peut réussir que s'il y a une volonté politique de surmonter la crise, en particulier au sein du gouvernement ».
Des manifestations de soutien à l'opposition se sont tenues durant le week-end dans plusieurs capitales européennes, dont Paris, Varsovie, Vilnius, Londres, Riga et Prague. (CG)