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Bulletin Quotidien Europe N° 11000
ACTION EXTÉRIEURE / (ae) ukraine

Certains ministres européens menacent de sanctions

Bruxelles, 20/01/2014 (Agence Europe) - Dénonçant les violences entre manifestants et forces de police le 19 janvier, certains ministres européens des Affaires étrangères ont menacé, le 20 janvier, l'Ukraine de sanctions. « L'utilisation de la violence aura des conséquences et on ne peut pas exclure des sanctions », a mis en garde le lituanien Linas Linkevicius. Si pour l'instant des sanctions ne sont pas prévues, « cela ne veut pas dire que ce ne sera pas au programme dans l'avenir », si la situation se poursuit, a-t-il ajouté. « Il faut réagir contre le paquet adopté, ce sont les lois les plus répressives prises par un parlement européen depuis des décennies », a dénoncé le Suédois Carl Bildt, précisant que les événements du 19 sont une conséquence de cette adoption. « L'UE doit commencer à regarder les instruments efficaces de lutte contre des acteurs corrompus manoeuvrant aussi dans les coins sombres de la politique de l'Ukraine », a-t-il poursuivi.

Dans des conclusions, initialement non prévues, les ministres expriment leur « profonde préoccupation » concernant la législation adoptée le 16 janvier dans des « circonstances procédurales douteuses » (EUROPE 10999) et appellent les autorités à veiller à ce que ces développements soient inversés et que la législation soit mise en conformité avec les engagements internationaux et européens de l'Ukraine. « Ces actes législatifs limiteraient sensiblement les droits fondamentaux d'association, des médias et de presse, et réduiraient sérieusement les activités des organisations de la société civile », dénoncent-ils. Pour le Britannique William Hague, c'est une « sérieuse erreur d'avoir introduit des restrictions à la liberté de manifester ».

Très préoccupés par les récents développements, les ministres appellent tous les acteurs à faire preuve de retenue et les autorités à respecter pleinement et à protéger le droit de réunion et de discours des manifestants pacifiques ainsi que la liberté de la presse. « Tous les actes de violence doivent être l'objet d'enquêtes et les responsables doivent être traduits en justice » expliquent-ils. L'UE exhorte tous les acteurs à rechercher à travers un dialogue inclusif une solution démocratique à la crise politique actuelle, soulignent les ministres.

M. Bildt a salué l'annonce de discussions entre le gouvernement et l'opposition pour résoudre la crise politique, ajoutant qu'une solution est « seulement possible s'il n'y a pas de répression du régime ». « Une démocratie ouverte et la réconciliation sont la seule voie pour avancer », a-t-il expliqué sur Twitter. « Je salue les discussions entre les parties mais déplore les violences de la nuit dernière (nuit du 19 au 20) », a résumé M. Hague, appelant à la retenue: « La violence n'est pas une solution ». (CG)

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