Bruxelles, 20/01/2014 (Agence Europe) - L'indépendance de l'Écosse est un mirage aux yeux du secrétaire général de l'Écosse, Alistair Carmichael: « plus on s'en rapproche, moins il devient clair », a-t-il affirmé à Bruxelles, lundi 20 janvier, lors d'une conférence au CEPS (The Centre for European Policy Studies). Il s'exprimait sur les conséquences, dans un contexte européen, d'une victoire du oui au référendum écossais sur l'indépendance de la région, prévu en septembre prochain. Ses propos font suite à un document publié par le gouvernement britannique, vendredi 17 janvier, sur les bénéfices pour l'Écosse de faire partie du Royaume-Uni et de l'UE.
Pour le libéral démocrate, l'éventualité de l'indépendance est risquée et pleine d'incertitudes dans un contexte européen, car quitter le giron britannique équivaut selon lui à quitter l'Union européenne.
D'une part, il n'y a aucun fondement légal étayant la possibilité d'une ré-adhésion automatique comme le supposent les nationalistes écossais, a fait valoir M. Carmichael. Partant du principe que l'Union européenne est basée sur des traités liant par contrat des États membres, l'Écosse devrait donc renégocier les conditions de ce contrat en fonction de ses spécificités, comme c'est actuellement le cas pour des quotas de pêche par exemple. « Quitter le Royaume-Uni signifie quitter l'UE, et ensuite se battre pour y revenir sous les mêmes termes, à partir d'une position plus faible. Cela va à l'encontre des intérêts écossais », a soutenu M. Carmichael. Les acquis relatifs à l'opt out de Schengen, de la zone euro, aux dispositions de la Politique agricole commune ou de la pêche, à la répartition des fonds structurels ou au calcul du rabais britannique sur la contribution au budget de l'UE ne seraient donc plus garantis. Le document du gouvernement britannique évoque que sans rabais l'Écosse, en tant qu'État, devrait payer 2,2 millions d'euros supplémentaires sous la période de programmation actuelle, soit 840 euros de plus par ménage. Mais aussi, les spécificités écossaises ne seraient plus nécessairement prises en compte dans les politiques sectorielles. Pourquoi les 28 États membres accepteraient-ils de rouvrir des débats à ces sujets, a indiqué M. Carmichael.
D'autre part, le secrétaire général a aussi mis le doigt sur un calendrier insoutenable pour ces négociations prévu par les nationalistes. L'indépendance serait déclarée en mars 2016, soit 18 mois après une victoire du oui au référendum. Ce calendrier place le ministre-président écossais, Alex Salmond, dans une position de négociation très faible, a mis en garde M. Carmichael: « Dans toute négociation, plus vous donnez, au plus vite vous pourrez obtenir un accord rapide ».
Il ne fait aucun doute pour lui que « dans le Royaume-Uni, en Europe, nous obtenons plus, et continuerons à obtenir plus dans le futur, si nous restons ensemble », a-t-il conclu. (MD)