Bruxelles, 31/10/2013 (Agence Europe) - Le rapporteur sur la révision des poids et dimensions des camions, Jorg Leichtfried (S&D, autrichien), adopte une approche prudente en matière de méga-camions dans le projet de rapport qui sera présenté et débattu mardi 5 novembre en commission des transports (TRAN). En effet, il suggère de mener une évaluation d'impact sur les effets d'une autorisation transfrontalière de ces véhicules (allant jusqu'à 25 mètres de long pour 60 tonnes) sur le transfert modal, la sécurité, les conditions de travail ou encore la pollution et le bruit.
Interdiction à l'international. Alors que la Commission préconise dans sa proposition d'autoriser le franchissement de ces camions plus lourds et plus longs entre deux pays les autorisant, le rapporteur préfère interdire actuellement leur usage à l'international, sans pour autant fermer la porte ultérieurement à cette pratique. Il s'en remet aux résultats d'une étude d'impact. Il ne fait nul doute que l'amendement du rapporteur, justifié par le fait que ces camions « ont le potentiel de changer les objectifs principaux de l'UE listés dans le Livre Blanc pour le transport », débouchera sur un débat important au sein de la commission TRAN. Cela a déjà été le cas maintes fois par le passé, grosso modo entre les libéraux et une frange du PPE ouverts à l'autorisation, et les verts et socialistes qui y sont réticents. Les transporteurs routiers, pour leur part, ont toujours été en faveur d'une clarification des règles actuelles à propos de l'usage transfrontalier des méga-camions, mettant en avant l'intérêt environnemental du système modulaire européen. Ils souhaiteraient au minimum que davantage de tests puissent être menés en Europe.
Dispositif aérodynamique. Les transporteurs routiers regrettent également que le rapporteur ait choisi de réduire la place du dispositif aérodynamique placé à l'arrière des camions à 50 cm contre les 200 préconisés par la Commission, et ce afin de correspondre aux dimensions de wagons ferroviaires sur lesquels les camions peuvent être placés soit des « autoroutes roulantes ». Ils font valoir que cela réduirait la possibilité de diminuer à long terme le carbone émis par la flotte de camions pour préserver ce type de mobilité intermodale, qui compte pour moins d'1% du transport terrestre. (MD)