Bruxelles, 31/10/2013 (Agence Europe) - L'ambassadeur français auprès du Comité politique et de sécurité (Cops), Philippe Setton, a rappelé, le 30 octobre, que l'UE n'est pas inactive dans la crise syrienne. « Il n'est pas juste de dire que l'Union est aussi inactive que les Français sont actifs », a-t-il expliqué dans son intervention sur « La France trop active pour l'Europe ? », lors d'une conférence à l'Ifri sur « Syrie, et maintenant ? État des lieux et options possibles ». « L'UE a mobilisé un certain nombre d'instruments qu'elle maîtrise, dès le début: des mesures négatives avec la suspension de programmes avec la Syrie et des négociations sur un accord d'association, des trains successifs de sanctions financières, économiques et de circulation de certaines personnes », a-t-il expliqué rappelant son action sur le champ humanitaire et sa disponibilité à aider pour le démantèlement des armes chimiques. « L'idée selon laquelle on prend des sanctions et on agit sur l'humanitaire quand on ne peut rien faire d'autre est une appréciation un peu contestable et erronée », a-t-il ajouté, prenant l'exemple des sanctions sur l'Iran qui ont eu un effet sur l'évolution des autorités sur le dossier nucléaire.
Intervenir ou non militairement ? Pour Denis Bauchard de l'Ifri, « que ce soit pour l'UE ou les États-Unis, il y a un fossé énorme entre la rhétorique indignée, la dénonciation d'un régime barbare et la réalité de l'aide qu'elle soit financière, humanitaire, de formation ou d'approvisionnement en armes ». « Il y a une très forte réticence de l'opinion publique pour une intervention militaire », a-t-il ajouté. Selon lui, ce qui prédomine est de trouver une solution politique avec la relance de la conférence pour la Paix Genève 2. « On ne sait pas s'il y aura un Genève 2, l'expérience prouve qu'au Moyen-Orient, toute anticipation d'un scénario est vouée à l'échec », a-t-il concédé.
Pour Etienne De Durand, lui aussi de l'Ifri, la crise syrienne montre la désunion occidentale. Face à l'utilisation des armes chimiques et une possible intervention militaire, il y a eu une « absence d'accord en Europe, le silence de l'Europe ». Et désormais, « la crédibilité américaine et française est entamée. Si on voulait agir demain il serait beaucoup plus difficile de montrer son sérieux », a-t-il expliqué. Selon lui, le moment pour une intervention militaire est « passé ». « Il y aura peut-être une nouvelle phase plus tard mais il faut attendre que la guerre s'épuise. Après l'épuisement des belligérants, il est plus facile d'intervenir », a-t-il ajouté, citant l'exemple de la Bosnie. (CG)