Bruxelles, 04/09/2013 (Agence Europe) - La Banque européenne d'investissement (BEI) organise, le 16 septembre, une « table ronde » sur la « Banque de la Méditerranée » à laquelle est convié un nombre restreint d'organismes de financement du Maroc, du Liban et de Palestine. Il y sera question de l'accès au financement et du développement des secteurs bancaires dans la région. La discussion sera axée sur les « relations inter-bancaires régionales » et sur « le développement de services financiers mobiles en Méditerranée ».
L'idée qui sous-tend ces débats entre experts est de créer une « banque de la Méditerranée » ou « banque euro-méditerranéenne », l'appellation variant selon les initiatives. La BEI, comme le Parlement européen - contrairement aux États membres de l'UE -, est en faveur de la création d'une banque régionale de développement, y compris sous forme d'une extension du mandat de la FEMIP (Facilité euro-méditerranéenne d'investissement et partenariat). L'idée d'une banque régionale a déjà été caressée pendant l'ère Reagan par les Américains dans le cadre de leur vaste plan « Mena » (Middle East North-Africa). Le projet a été mis en veilleuse dans le contexte des bouleversements continus au Proche-Orient.
Dans l'attente, l'Europe manifeste son ambition d'harmoniser les pratiques bancaires dans la zone et d'offrir au monde financier un cadre sécurisé. Elle estime que l'absence d'un tel cadre mine par avance toute sa politique d'intégration régionale et empêche une meilleure exploitation des ressources potentielles d'une région adossée à des réserves en énergie et à des marchés en croissance. Mais la Méditerranée reste l'une des régions du monde les moins attractives pour les investissements directs étrangers (IDE). « La Méditerranée ne manque pas d'argent » mais elle demeure une des moins attirantes au monde, selon les experts, faute d'offrir la sécurité nécessaire.
La BEI s'engage ainsi dans l'amélioration du cadre d'accueil des IDE et souhaite jouer un rôle utile de chef d'orchestre de la finance euro-méditerranéenne, mais elle est en compétition avec la BERD (Banque européenne pour la reconstruction et le développement) chargée par le G8 de coordonner l'aide aux pays du « printemps arabe ». (FB)