Bruxelles, 04/09/2013 (Agence Europe) - Le président arménien, Serzh Sarkisian, a annoncé, mardi 3 septembre, que l'Arménie allait rejoindre l'Union douanière (Russie, Bélarus, Kazakhstan), après une rencontre avec le président russe, Vladimir Poutine.
« J'ai confirmé l'intention de l'Arménie d'adhérer à l'Union douanière et au processus de la formation de l'Union eurasienne », a-t-il expliqué à des journalistes. Il a précisé que « c'est une décision rationnelle qui découle des intérêts nationaux de l'Arménie. Cette décision ne constitue pas un refus de poursuivre notre dialogue avec les structures européennes. Nous avons l'intention de poursuivre ces réformes à l'avenir ».
Expliquant sur son site Internet qu'il souhaite que l'Arménie adhère à l'Organisation du traité de sécurité collective, l'alliance militaire dirigée par la Russie, le président a justifié son choix en précisant que « quand vous faites partie d'un système de sécurité militaire, il est impossible et inefficace de vous isoler d'un espace économique correspondant ». La Russie est le plus grand partenaire commercial et le plus grand investisseur étranger de l'Arménie.
Pas possible de faire partie de l'Union douanière et d'une zone de libre-échange avec l'UE
L'Arménie devait parapher avec l'UE un accord d'association complet et approfondi, comprenant une zone de libre-échange, lors du sommet du Partenariat oriental à Vilnius fin novembre. Mais il semble compliqué, voire impossible, d'être à la fois membre d'une zone de libre-échange avec l'UE et de l'Union douanière. Pour le ministre lituanien des Affaires étrangères, Linas Linkevicius, dont le pays assure la présidence tournante de l'UE, « si l'Arménie décide de rejoindre l'Union douanière, cela veut dire qu'elle ne pourra pas signer d'accord de libre-échange avec l'Union européenne ». « Nous respectons les choix faits par chaque pays mais on ne peut pas faire partie des deux organisations en même temps à cause de contraintes tarifaires différentes », a-t-il ajouté.
De son coté, le porte-parole du Commissaire à l'Élargissement Stefan Füle, Peter Stano, a précisé que la Commission est en contact avec ses partenaires arméniens pour analyser le détail des arrangements futurs et quelles seront les possibilités par la suite. « Nous tenons à souligner encore une fois que l'accord d'association, avec une zone de libre-échange, approfondi et complet est un modèle pour les réformes et non un jeu à somme nulle et pourrait être compatible avec une coopération économique avec les membres de la Communauté des États indépendants », a ajouté M. Stano.
Des sources européennes ont expliqué à Europe qu'il s'agit d'un « changement substantiel » et qu'il est nécessaire de voir ce que comporte l'accord entre la Russie et l'Arménie.
« L'Arménie se détourne actuellement de l'Europe », a souligné pour sa part le vice-président du groupe PPE au Parlement européen responsable de la politique de voisinage, Gunnar Hökmark, concernant la décision arménienne. Pour lui, « avec cette étape, les perspectives de démocratie seront affaiblies et le risque d'augmentation de l'influence russe sur ses voisins va croître ». « Les pays qui sont prêts à renforcer les structures démocratiques et l'état de droit doivent savoir que l'UE est ouverte à une coopération et à une intégration plus étroites, au renforcement de leur indépendance et de notre sécurité commune », a-t-il ajouté, soulignant l'importance du Partenariat oriental. (CG)