Bruxelles, 04/09/2013 (Agence Europe) - Le président français, François Hollande, a appelé, le 3 septembre, l'Europe à s'unir sur la question syrienne, alors que le parlement français débattait de la situation en Syrie à l'heure où nous écrivons ces lignes. Soulignant que « quand un massacre chimique se produit (…) quand les preuves sont livrées, quand les coupables sont connus, alors il doit y avoir une réponse. Cette réponse est attendue de la communauté internationale », le président français a précisé que « l'Europe doit aussi se réunir sur ce dossier. Elle le fera. Chacun avec sa responsabilité. La France assumera la sienne ».
Lors de sa rencontre avec son homologue allemand, Joachim Gauk, M. Hollande a expliqué que « si les réponses politiques peuvent être les mêmes, il y a des responsabilités différentes, il y a des traditions différentes, il y a des capacités différentes. Chacun des gouvernements, des États, doit prendre à sa place sa responsabilité. Celle de la France est éminente, particulière, en Europe ». « Nous aurons donc à être en ce qui nous concerne non seulement en pleine solidarité avec les Européens ; je ne conçois pas l'action de la France séparée. Mais, en même temps, nous aurons à prendre une responsabilité de plus compte tenu de ce qu'est la France », a-t-il ajouté.
« L'Allemagne n'agit pas comme la France en termes d'action internationale. (…) Je voudrais simplement dire que, dans nos valeurs fondamentales, nous sommes absolument sur la même ligne, il n'y a aucune divergence et nous trouverions insupportable qu'un dictateur puisse agir impunément et briser à ce point un tel tabou sans aucune conséquence. (…) Ceci appelle une réaction appropriée », a expliqué M. Gauk.
Rappelant que Paris n'agira pas seul, le président français a précisé que si le Congrès américain se prononce contre une intervention, la France « prendrait ses responsabilités aussi en soutenant l'opposition démocratique en Syrie de manière à ce qu'une réponse soit apportée ».
Réunion européenne lors du G20
« Une large coalition doit donc être formée au plan international avec les États-Unis, qui vont bientôt prendre la décision, avec l'Europe, et il y aura des réunions ces prochains jours au niveau européen, avec les pays arabes, qui se sont déjà prononcés », a expliqué le président alors que les ministres des Affaires étrangères européens se réunissent les 6 et 7 septembre à Vilnius. La présence du secrétaire d'État américain, John Kerry, est toujours prévue samedi 7 septembre au matin lors du Conseil informel des Affaires étrangères à Vilnius, même si les Américains ne confirment pas fermement sa présence, a annoncé à EUROPE une source européenne.
M. Hollande a aussi annoncé une rencontre sur la Syrie entre les Européens au G20. De façon plus globale, le G20 devrait discuter de la situation en Syrie même si ce n'est officiellement pas au programme de la rencontre. Si M. Hollande a précisé que des discussions sur la Syrie auront lieu en marge du sommet, M. Gauk a expliqué que la chancelière, Angela Merkel, « pense que lors des prochaines rencontres, par exemple au Sommet du G20, il sera possible d'arriver à un accord international sur la réponse appropriée à l'égard de la Syrie ».
De leur côté, les Européens ont rappelé l'importance de punir l'utilisation d'armes chimiques, sans pour autant passer par le militaire. « L'utilisation d'armes chimiques est un acte odieux qui mérite notre ferme condamnation. Il ne peut pas passer inaperçu ou impuni. Mais nous devons aussi mettre l'accent sur une solution complète au conflit. La chance de paix s'estompe rapidement, il est de notre devoir collectif de la restaurer », a fait valoir le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, devant les chefs de délégation de l'UE. Devant les mêmes chefs de délégation, le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, a souligné qu' « il ne peut y avoir d'impunité ». « Mais même en ces jours tumultueux, les appels à l'action responsable doivent inclure la vision à long terme. Toutes les parties extérieures conviennent qu'il n'y a pas de solution militaire au conflit syrien. Seule une solution politique peut mettre fin à la terrible effusion de sang, à la destruction de la Syrie. Il est temps pour la communauté internationale de mettre de côté ses différences et de rapprocher les parties en conflit à la table des négociations », a-t-il ajouté. (CG)