Bruxelles, 01/07/2013 (Agence Europe) - Réuni à Manama (Bahreïn) le 30 juin, le Conseil conjoint de coopération UE-pays du Golfe, co-présidé par Catherine Ashton et Cheikh Khalid bin Ahmed bin Mohamed Al Khalifa, ministre des Affaires étrangères du pays hôte, qui assure la présidence en exercice du Conseil de coopération des six pays du Golfe (CCG), a affirmé une identité de vues dans la recherche urgente d'une « solution politique » pour « mettre fin au bain de sang en Syrie » et assurer le succès d'une « conférence de paix » à Genève.
Il n'a pas été question de livraisons d'armes aux dissidents syriens, mais les pays du Golfe, en particulier les Saoudiens, ont demandé à l'UE, dans des déclarations à part, d'appliquer concrètement sa décision de lever l'embargo sur les armes vers la Syrie. Une condamnation unanime du rôle joué par le Hezbollah libanais est acquise. L'UE a rappelé qu'elle a mis à disposition des pays voisins de la Syrie 400 millions d'euros supplémentaires (1,25 milliard d'euros d'aides au total) notamment pour des actions humanitaires au profit des réfugiés syriens.
Il n'a pas été question, officiellement, de la situation des droits de l'homme dans la région, en particulier à Bahreïn en proie depuis près de deux ans à une forte agitation durement réprimée. Dans des déclarations à la presse, Mme Ashton, interpellée par Human Rights Watch a affirmé: « Nous devons avoir des discussions franches et ouvertes sur des questions comme les droits de l'homme. »
Dans leur déclaration finale, les deux parties se sont félicitées de la bonne tenue de leur coopération engagée au titre de l'accord de coopération de 1988 dont l'essentiel est la poursuite d'un dialogue politique portant sur tous les conflits dans la région, notamment entre Israël et la Palestine. Leur déclaration comporte la rituelle référence aux résolutions de l'ONU, notamment sur le refus de toute modification des frontières de 1967, sur l'initiative de paix arabe et l'appui aux efforts américains menés par le secrétaire d'État, John Kerry. Il a été également question de l'Iran et du souci commun face au risque de développement du nucléaire iranien. L'avis commun est qu'il faut amener Téhéran à composer pour une issue diplomatique en lui rappelant en même temps ses devoirs envers la communauté internationale et le respect des règles de contrôle des organismes spécialisés. La reprise de la coopération entre le Koweït et l'Iraq a été saluée et les deux parties ont pris note de la « situation difficile » vécue par le Yémen (pays de la région mais non membre du CCG).
On notera aussi dans la déclaration commune qu'il a été question des efforts européens pour une sortie de la crise économique et pour la stabilité de l'Eurozone. La volonté commune sera de « surmonter les effets de la crise financière, et de soutenir et encourager la protection réciproque des investissements, ce qui facilitera le développement de la coopération économique entre eux ». À Bruxelles, il est noté avec intérêt que le commerce bilatéral a augmenté de 45% depuis 2010 pour atteindre 145 milliards d'euros par an. L'UE et le CCG maintiennent leur volonté de conclure un accord de libre-échange, négocié depuis 1990 non sans peine depuis des années, (outre des divergences sur des niveaux de droits douaniers et la question du double prix de l'énergie, l'intérêt a graduellement paru faiblir alors que le bouclage des pourparlers était régulièrement annoncé à chaque rencontre). Pourtant, « 99% des dispositions de l'accord ont été accomplies », a affirmé le ministre bahreïni lors d'un point de presse final, cité par l'agence koweïtienne Kuna. (FB)