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Bulletin Quotidien Europe N° 10878
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ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / (ae) chypre

Fardeau de la dette, Nicosie s'achète un peu de temps

Bruxelles, 01/07/2013 (Agence Europe) - Les autorités chypriotes ont bouclé, lundi 1er juillet, l'opération d'échange de titres de dettes ('roll over') détenus par des investisseurs nationaux et arrivant à échéance entre 2013 et 2016 par de nouveaux coupons dont les maturités sont comprises entre 5 et 10 ans.

Dans cette transaction, qui concerne 1 milliard d'euros de titres, seules les maturités ont changé, les rendements restant quant à eux identiques. Cette opération permettra notamment à l'île d'éviter de rembourser cette semaine pour près de 700 millions d'euros d'obligations.

Annoncé la semaine dernière, cet échange de dette est partie intégrante du protocole d'accord entre Chypre et ses créanciers. Il a abouti à la dégradation à 'défaut sélectif' de la notation souveraine à court et long termes de l'île par l'agence de rating Standard and Poor's, ainsi qu'à 'défaut limité' des titres en question par Fitch. D'après une source de l'UE, ces dégradations étaient attendues, les agences relevant en général leurs notations lorsque le processus d'échange est terminé. La semaine dernière, la BCE avait annoncé ne plus accepter de dette chypriote en garantie des prêts qu'elle accorde aux banques de l'Eurozone, suite à la dégradation de la note souveraine de l'île. Elle avait par ailleurs indiqué qu'elle reverrait sa décision une fois conclu l'échange de dette. Le président de la BCE, Mario Draghi, recevra mercredi une délégation chypriote menée par le président de la République, M. Anastasiades.

L'architecture du programme en question. La Banque centrale de Chypre a publié récemment un rapport intérimaire sur le futur du secteur bancaire de l'île compilé par une commission indépendante nommée par ses soins en 2012. Cette commission a notamment relevé la sévérité « exceptionnelle » des termes du plan d'aide par rapport aux précédents. Ceux-ci contiendraient « le danger qu'une réflexion insuffisante a été accordée à la reprise à long terme de Chypre et à l'avenir du secteur bancaire ». L'absorption par la Bank of Cyprus (BoC) des actifs solvables de la banque Laiki, aujourd'hui démantelée, va créer un mastodonte bancaire qui contrôlera près de 50% du marché chypriote, souligne en effet le rapport. Ses auteurs s'inquiètent de cette situation, qui pourrait nuire à la concurrence, voire à la stabilité financière à l'avenir. Par ailleurs, la mise à contribution des épargnants possédant plus de 100 000 euros, jumelée à l'introduction de mesures inédites de restriction du mouvement des capitaux, « va affecter la confiance bancaire dans l'Eurozone » en général. Et, si d'aventure le financement prévu pour l'île s'avérait insuffisant, cela ne ferait qu'augmenter la méfiance, rendant plus difficile encore la levée des mesures. Le rapport pointe un manque de justesse dans la répartition de l'effort entre les déposants ainsi qu'un manque de mesures pour promouvoir la croissance. (EL)

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