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Bulletin Quotidien Europe N° 10875
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) acp

Abolition des quotas de sucre, les États ACP plus préoccupés que jamais

Bruxelles, 26/06/2013 (Agence Europe) - L'accord politique obtenu mercredi 26 juin en trilogue sur la réforme de la politique agricole commune qui prévoit la fin des quotas de sucre en 2017 (voir autre nouvelle) n'a pas fait droit aux préoccupations des pays ACP qui demandaient la prolongation jusqu'à 2020 du régime actuel afin de permettre l'achèvement des plans d'action définis conjointement avec l'UE pour mener à bien la modernisation, la diversification et le renforcement de l'efficacité des industries sucrières ACP.

Mardi, le groupe ACP avait, dans un ultime appel, mis en garde le Conseil contre une instabilité du marché et un risque sérieux pour ses économies en développement si la proposition d'abolir les quotas sucriers de l'UE avant 2020 était adoptée. Établissant une comparaison avec la reconduction probable de la politique sucrière des États-Unis, qui prévoit des limites pour la production nationale et une part de marché de 15% réservée aux pays en développement, le groupe Sucre ACP avait appelé les Européens à honorer les principes stipulés dans l'Accord de Cotonou, dans les accords de partenariat économique (APE) et dans l'initiative 'Tout sauf les armes' (TSA), qui vise à protéger les petits partenaires commerciaux vulnérables de l'UE.

Lors de l'Assemblée parlementaire paritaire ACP-UE la semaine dernière à Bruxelles, les pays ACP s'étaient alarmés du manque de clarté de la Commission européenne concernant les instruments de marché appelés à remplacer le système de quotas pour assurer la régulation du marché et la sauvegarde des intérêts publics. S'exprimant au nom des États ACP producteurs de sucre, Satya V. Faugoo, le ministre de l'Agro-industrie et de la Sécurité alimentaire de Maurice avait déclaré: « Des études indépendantes et celles menées par la Commission européenne elle-même sont parvenues à la conclusion que la suppression des quotas sucriers entraînera une baisse du prix intérieur du sucre, réduisant de ce fait l'attractivité des importations, y compris celles qui bénéficient d'un accès préférentiel. Cette situation ôtera, à terme, tout sens à l'accès du sucre ACP au marché de l'UE en franchise et sans contingentement, et pourra entraîner sa disparition de ce marché. » Selon certaines études, l'absence de quotas se traduira par une perte de recettes estimée à 850 millions d'euros jusqu'en 2020 pour les producteurs de sucre ACP, parmi lesquels figurent cinq des pays les moins avancés (PMA). (AN)

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