Bruxelles, 26/06/2013 (Agence Europe) - Sept députés européens de tous bords politiques ont appelé, le 25 juin, la Haute représentante de l'UE pour les Affaires étrangères, Catherine Ashton, en coordination avec les États membres, à « appuyer activement et publiquement la libération immédiate et inconditionnelle de tous les individus à Bahreïn qui ont été emprisonnés uniquement pour avoir exercé leurs droits à la liberté d'expression, d'association et de réunion », avant la prochaine réunion ministérielle UE-Conseil de Coopération du Golfe qui aura lieu dans la capitale bahreïnie le 30 juin.
Tunne Kelam (PPE), Ana Gomes et Richard Howitt (S&D), Edward McMillan-Scott et Marietje Schaake (ADLE), Barbara Lochbihler et Rui Tavares (Verts/ALE) ont rappelé la résolution adoptée par le Parlement le 17 janvier (EUROPE n° 10767), qui invitait déjà Mme Ashton à « pousser activement pour la libération des militants emprisonnés avant la réunion ». « Depuis que la résolution a été adoptée, ce qui a été fait par la Haute représentante pour leur libération n'est pas clair. Nous notons le fait qu'elle n'a, à ce jour, pas explicitement appelé à la libération des personnes emprisonnées à tort », ont-ils regretté.
Deux associations montent au créneau
Le 23 juin, dans une lettre conjointe, le président du Bahrain Youth Society for Human Rights, Mohammed Al-Maskati, et la présidente par intérim du Bahrain Centre for Human Rights, Maryam Al-Khawaja, ont exhorté Mme Ashton à « faire un effort déterminé » pour pousser à l'amélioration de la situation des droits de l'homme et à « faire preuve de leadership et travailler avec les 27 » pour adopter des conclusions du Conseil Affaires étrangères sur le sujet.
Ils souhaitent que ces conclusions incluent la demande de la libération « immédiate et sans condition des personnes détenues pour avoir exercé pacifiquement leurs droits à la liberté d'expression, d'association et de réunion » et que le gouvernement mène des « enquêtes indépendantes, efficaces et transparentes », sur toutes les allégations de torture et autres mauvais traitements, et que n'importe qui ayant commis, ordonné, toléré, omis d'enquêter sur les violations présumées des droits de l'homme soit tenu pour responsable. Le Conseil doit demander au gouvernement de s'abstenir de recourir davantage à la force inutile ou excessive contre les manifestants, ajoutent Mme Al-Khawaja et M. Al-Maskati.
L'UE a utilisé tous les moyens à sa disposition
De son côté, sans réagir directement aux critiques, un porte-parole de la Haute représentante a souligné que « l'UE a utilisé tous les moyens à sa disposition pour transmettre des messages clairs à Bahreïn depuis la reprise de troubles ». Il a cité les « nombreuses » déclarations de Mme Ashton, les visites de haut fonctionnaires, les contacts directs avec les autorités ou encore la visite du représentant spécial pour les droits de l'homme, Stavros Lambrinidis. L'UE a suivi et suit de près la situation, a rappelé le porte-parole. Il a précisé que l'Union continue à appeler à la mise en œuvre des mesures de la Commission d'enquête indépendante, soutient le dialogue national et souligne l'importance que toutes les parties s'abstiennent de toute forme de violence, d'intimidation et de provocation. « Une combinaison de modération et de mesures de confiance concrètes est nécessaire pour combler le fossé entre les communautés (…). Cela inclut une clémence démontrée envers les militants non impliqués dans des actes de violence, garantir le droit de réunion pacifique et assurer la reddition de comptes pour les violations passées », a-t-il ajouté. (CG)