Bruxelles, 24/06/2013 (Agence Europe) - Les ministres des Affaires étrangères de l'UE sont résolus à intensifier la diplomatie climatique de l'UE pour contribuer le plus efficacement possible, par la construction d'alliances avec le maximum de pays tiers et de régions, à l'obtention de l'accord climatique mondial et contraignant, applicable à tous, qui doit être conclu en 2015 pour entrer en vigueur en 2020 au plus tard. Cette détermination s'est exprimée lundi 24 juin à Luxembourg dans des conclusions unanimes du Conseil, point d'orgue d'un échange de vues présidé par Catherine Ashton, la Haute représentante pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité de l'UE et auquel a participé Connie Hedegaard, commissaire européenne à l'Action pour le climat. « C'est une question capitale en termes d'efforts déployés avec plus de 100 États exposés aux risques et aux effets du changement climatique - c'est donc un élément important de la politique étrangère », a souligné Catherine Ashton.
Les négociations climatiques onusiennes étant entrées dans une phase décisive, le Conseil souligne la nécessité de travailler au niveau international pour combler dans les meilleurs délais le fossé entre les engagements sur la table et le niveau d'ambition requis d'ici à 2020 pour maintenir la hausse moyenne des températures à 2 degrés Celsius par rapport aux niveaux préindustriels. Le temps étant compté, il souligne que l'UE et tous les réseaux diplomatiques nationaux doivent se mobiliser pour encourager les pays partenaires à adopter les cadres nationaux requis pour un accord mondial ambitieux.
À cette fin, le Conseil appelle à un « agenda plus proactif et plus ciblé » pour la diplomatie climatique européenne afin de maximiser les efforts collectifs de l'UE et ses États membres, et de renforcer la voix de l'UE sur la scène internationale, tout en restant ouvert au dialogue et à la coopération. Il salue à cet égard le document de réflexion intitulé « Une diplomatie climatique de l'UE pour 2015 et au-delà », élaboré par la Haute représentante et la Commission européenne, et en particulier l'idée de mettre au point une « boîte à outils » et des messages respectivement adressés à la communauté internationale, à des régions ou des partenaires spécifiques.
« S'attaquer d'urgence au changement climatique par la réduction des émissions et par des mesures d'adaptation n'est pas seulement un impératif environnemental, mais aussi, fondamentalement, une condition nécessaire pour la paix et la sécurité, le développement et la prospérité », souligne le Conseil en insistant sur les menaces que représente ce phénomène pour le bien-être économique et social, pour les capacités financières des États, et sur le risque de voir s'alourdir à l'avenir le bilan en pertes humaines et matérielles, avec à la clé « des risques considérables pour le développement durable ». Le concept de diplomatie climatique avait vu le jour en 2011, deux ans après l'échec retentissant de Copenhague où la voix de l'UE n'avait pas été entendue. Ce concept énoncé dans des conclusions du Conseil de juillet 2011 reposait sur trois piliers: l'introduction du changement climatique comme priorité dans les dialogues et initiatives diplomatiques de l'UE, le soutien de l'UE à un développement sobre en carbone et résilient au climat, et une action sur l'intrication entre le climat, les ressources naturelles, la prospérité et la sécurité. (AN)