Bruxelles, 14/06/2013 (Agence Europe) - Le dialogue politique et la réconciliation entre les groupes ethniques représentent un défi pour la reconstruction du Mali, or la situation à Kidal sous le contrôle des touaregs du MNLA pourrait bien mettre en péril ce processus de réconciliation, perturber les élections présidentielles du 28 juillet, et entraver gravement le processus de reconstruction, s'alarme le Parlement européen.
Sa résolution sur la reconstruction et la démocratisation du Mali, adoptée jeudi 13 juin à Strasbourg exprime ces vives préoccupations, appelle de ses vœux l'aboutissement rapide des efforts de médiation déployés par le président du Burkina Faso dans le cadre des négociations en cours à Ouagadougou entre le gouvernement malien et les rebelles touaregs, et demande à l'Union de s'engager davantage dans la reconstruction et la démocratisation du Mali.
Le Parlement insiste sur le fait que toute solution politique pour reconstruire le Mali doit s'accompagner d'une stratégie de développement économique claire et durable qui remédie au problème du chômage, et sur l'importance de relancer la fourniture des services de base, essentiels à la stabilité du pays. Il convient aussi de procéder à des réformes institutionnelles pour garantir la stabilité politique et permettre à toute la population malienne de participer à la construction de l'avenir du pays.
Le succès du plan de relance durable du Mali auquel l'UE apportera un soutien financier de 1,35 milliard d'euros dépend de la prise en compte de la dimension régionale et sous-régionale, notamment à travers la consolidation de la bonne gouvernance et une meilleure intégration économique, le développement des infrastructures économiques, la formation de ressources humaines dans les secteurs de la santé et de l'éducation, souligne la résolution.
Le Parlement demande également à l'UE et à ses partenaires internationaux d'aider les gouvernements d'Afrique de l'Ouest à lutter contre le trafic de drogue et la prolifération des armes. Et d'appeler le gouvernement malien à traduire en justice tous les auteurs de violations de droits de l'homme et de coopérer avec la Cour pénale internationale. (AN)