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Bulletin Quotidien Europe N° 10867
ACTION EXTÉRIEURE / (ae) chine

Panneaux solaires, la Commission entre deux feux au Conseil

Luxembourg, 14/06/2013 (Agence Europe) - Emmenés par les nations scandinaves, les pays libre-échangistes s'inquiètent du risque d'une guerre commerciale.

Amenée, de guerre lasse, à adopter une attitude plus ferme à l'égard du commerce déloyal de la Chine, la Commission européenne se trouve prise entre deux feux, sur le dossier des panneaux solaires chinois dopés par le dumping et les subventions. L'exécutif européen doit composer entre une poignée de pays favorables à des sanctions douanières sur les panneaux solaires chinois, France, Espagne et Italie en tête ; et une coalition très large, conduite par l'Allemagne, premier exportateur européen en Chine, et les nations du nord traditionnellement libre-échangistes, le Royaume-Uni et les pays scandinaves, qui redoutent des représailles commerciales de la part de Beijing.

Avant un échange de vues sur le dossier lors d'une réunion des ministres européens du Commerce, vendredi 14 juin à Luxembourg, le Danemark, les Pays-Bas et la Suède ont de nouveau pressé le commissaire Karel De Gucht de trouver une solution négociée pour éviter une guerre commerciale avec la Chine, qui pourrait étouffer les exportations de l'UE.

Le risque d'escalade s'est accentué en mai avec, d'une part la décision de la Commission d'imposer, malgré l'avis défavorable de 18 États membres, des droits antidumping provisoires sur les panneaux solaires chinois, et d'autre part d'enquêter, sans plainte préalable de l'industrie, sur les pratiques de commerce déloyal dont bénéficient les équipementiers télécoms chinois, Huawei et ZTE.

Réagissant aux annonces de l'exécutif européen en mai, la Chine a annoncé coup sur coup le lancement d'une procédure antidumping contre les fabricants européens de tubes sans soudure, puis une autre procédure antidumping visant des produits chimiques européens, deux substances dérivées du chlore, le perchloroéthylène et le tetrachloroéthylène. Au lendemain de la décision de la Commission d'imposer des droits provisoires sur les panneaux solaires chinois, quoique progressifs pour laisser le temps à Beijing de négocier, la Chine a riposté en annonçant une enquête antidumping sur les vins européens. Une mesure de rétorsion qui semble viser directement les grands pays producteurs de vins dans l'UE, la France, l'Italie et l'Espagne, pays les plus favorables aux sanctions visant la Chine.

Vendredi, les ministres des nations libre-échangistes ont pointé du doigt les choix de la Commission. « Ce n'est pas la bonne façon de faire. Quand un côté commence à se fermer, l'autre fait de même. Et puis nous avons une spirale négative qui ne stimule pas le commerce », a estimé la ministre suédoise du Commerce, Ewa Björling, avant une discussion au déjeuner. « Il est encore temps de résoudre cela si la Commission et le gouvernement chinois vont vers l'avant sur ce dossier », a de son côté jugé la ministre néerlandaise Lilianne Ploumen. La ministre du Commerce danoise, Pia Olsen Dyhr, a de son côté mis en question les preuves de subventions chinoises illégales. « Nous sommes tout à fait contre l'utilisation de mécanismes de défense commerciale à moins que nous puissions vraiment montrer qu'il existe des preuves qu'ils utilisent les subventions, et ce n'est pas le cas », a-t-elle insisté.

La veille, la Commission est de nouveau passée à l'action contre la Chine en engageant une procédure à l'OMC, aux côtés du Japon, contre l'utilisation abusive par la Chine de droits antidumping sur les exportations de tubes sans soudure en acier inoxydable. Inflexible, le commissaire au Commerce, Karel De Gucht, a promis ces derniers mois de recourir autant que nécessaire aux mécanismes de défense commerciale de l'UE ou à l'arbitrage de l'OMC face à une Chine qui « subventionne presque tout ». (EH)

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