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Bulletin Quotidien Europe N° 10867
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ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / (ae) chypre

Levée des restrictions, la Commission ouverte mais prudente

Bruxelles, 14/06/2013 (Agence Europe) - La Commission européenne a rappelé, vendredi 14 juin, qu'il revenait aux autorités chypriotes de décider du moment opportun pour lever les mesures de restriction du mouvement des capitaux. « Ce n'est pas à nous de prendre la décision finale », a déclaré Chantal Hughes, porte-parole de Michel Barnier, commissaire au Marché intérieur.

Le président chypriote, Nicos Anastasiades, a pourtant indiqué que tout pays sous programme est tenu « d'informer ses créanciers de toute décision pouvant peser sur sa crédibilité financière », dans un entretien publié le même jour par le quotidien français Le Figaro. Il a espéré que la 'troïka' (Commission, BCE, FMI) comprendrait les problèmes de liquidités des banques qui pèsent sur l'économie. « Dans le cas contraire, nous serons obligés de prendre des décisions qui garantissent l'intérêt public », c'est-à-dire la levée des restrictions, a-t-il considéré.

La Commission a jugé ces mesures « justifiées vu la question de la stabilité financière qui se pose ». Mme Hughes a précisé que l'institution européenne suivait de près la levée progressive des restrictions depuis leur entrée en vigueur en mars dernier via des réunions hebdomadaires avec les autorités chypriotes. Toutefois, si le président chypriote estime qu'après sa recapitalisation, la première banque du pays, la Bank of Cyprus (BoC) « est désormais un groupe solide qui n'a pas besoin de surprotection », la Commission considère pour sa part que « la situation n'a pas changé dans le sens où il y a toujours une situation difficile qui pourrait justifier certaines mesures restreignant les mouvements des capitaux ».

Prodromos Prodromou, député chypriote du parti DISY au pouvoir, a rappelé à EUROPE qu'initialement ces mesures étaient supposées être en place trois ou quatre jours, alors qu'elles le sont depuis désormais presque trois mois. Selon lui, la BCE serait intervenue deux fois pour empêcher la levée de certaines restrictions. Interrogé, l'institut de Francfort s'est limité à rappeler les propos à ce projet de son président, Mario Draghi, début juin. « Si cela est compatible avec la stabilité des flux financiers sur l'île, plus tôt seront levées ces restrictions, mieux ce sera, mais ce n'est pas de notre responsabilité », avait-il déclaré

Fin mai après la publication de statistiques révélant un recul des dépôts de 7,3% des banques de l'île en avril, une source de la BCE avait souligné qu'il fallait tenir compte qu'un « tel chiffre » s'inscrivait dans une période de restriction du mouvement des capitaux.

Outre les mesures limitant les mouvements de capitaux, une part significative des dépôts dans la BoC demeurent gelés dans l'attente des résultats de l'audit de KPMG, attendus d'ici à la fin de l'été. Cet audit doit déterminer quelle part des dépôts au-delà de 100 000 euros sera finalement mise à contribution, sachant que 37,5% de ces dépôts ont déjà été prélevés. (EL)

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