Bruxelles, 14/06/2013 (Agence Europe) - Le programme de surveillance PRISM, révélé le 7 juin par le Guardian et le Washington Post, vise à répondre aux menaces étrangères et cible très spécifiquement des individus, non américains, soupçonnés de crimes terroristes ou de cyber-crimes. Il ne repose pas non plus sur le transfert de données en vrac et est encadré par des autorisations de la justice et un suivi du congrès. Autre scandale récent, les activités de l'opérateur américain Verizon fournissant aux services de renseignement des milliers d'informations sur les abonnés, ne visent en aucun cas les Européens et ne portent pas sur les contenus de conversations ni sur des individus en tant que tels mais répondent à des objectifs ciblés en lien avec le terrorisme ou des activités criminelles d'ampleur, comme des activités nucléaires. Ces programmes de surveillance ne permettent pas non plus au gouvernement américain d'écouter les conversations téléphoniques mais d'accéder seulement à des « métadonnées », des indicatifs de téléphone par exemple. C'est en ces termes que le ministre américain de la Justice, Eric Holder, a tenté vendredi à Dublin de justifier les activités de la National Security Agency et de rassurer ses partenaires européens. Viviane Reding, dans un courrier très ferme, avait exigé de lui des explications très claires sur la portée et les objectifs du programme PRISM, ce gigantesque programme de surveillance des communications passées via les géants de l'Internet, comme Google, Facebook ou AOL.
Très attendu par ses homologues européens, le responsable américain a encore précisé lors d'une conférence de presse que toute utilisation de communications n'était possible que quand « subsiste un doute raisonnable », M. Holder assurant encore que ces communications ciblées étaient uniquement analysées par un personnel dédié et formé à le faire. Des explications partielles -toutes les questions de Mme Reding n'ont pas trouvé réponse à Dublin- relativement bien accueillies par la commissaire. Représentants américains et européens sont tout de même convenus de mettre en place un groupe d'experts transatlantique qui sera chargé d'examiner plus en détails la portée et les implications pour les Européens de ces programmes. Prudente et estimant en effet n'avoir pas obtenu toutes les réponses souhaitées, notamment sur l'accord cadre transatlantique sur la protection des données qu'elle négocie depuis 2011, Mme Reding a rappelé à son homologue l'importance que les actions menées au nom de la sécurité nationale ne se fassent pas « aux dépens des droits des citoyens européens » et ne brisent pas la « confiance » des citoyens envers leurs gouvernements mais aussi les pays partenaires de leurs gouvernements. Même préoccupation du côté de Mme Malmström, qui a réitéré la nécessité d'avoir le meilleur équilibre possible entre les impératifs de sécurité et les possibles restrictions posées en ce sens à la liberté des citoyens. (SP)