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Bulletin Quotidien Europe N° 10852
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INSTITUTIONNEL / (ae) bulgarie

Bisbille entre les chefs du PPE et du S&D

Bruxelles, 24/05/2013 (Agence Europe) - Les chefs de file des groupes PPE et S&D au Parlement européen, Joseph Daul et Hannes Swoboda, se sont invectivés jeudi au sujet de la situation politique bulgare, prétexte à s'accuser mutuellement d'hypocrisie et de double langage. Jeudi, dans la matinée, à Strasbourg, puis dans un communiqué, le leader français du PPE avait dit son inquiétude quant à la possibilité que les socialistes bulgares s'allient à un parti anti-européen, nationaliste et xénophobe, le parti ATAKA, pour former un gouvernement à l'issue du scrutin controversé du 12 mai.

« À la recherche d'une majorité, les socialistes bulgares n'excluent pas le soutien, officiel ou officieux, du parti Ataka. Si j'en crois vos déclarations, vous seriez prêt à 'avaler cette pilule amère'. Seriez-vous l'otage de M. Stanishev, président du parti socialiste bulgare et président, du Parti socialiste européen ? », a ainsi demandé Joseph Daul à son homologue autrichien Hannes Swoboda. « Je vous pose la question, Monsieur Swoboda, un soutien même 'tacite', par des jeux de procédures au parlement de Sofia, n'est-il pas de nature à compromettre un tel gouvernement ? Notamment vis-à-vis de l'Europe ? Y aurait-il 'deux poids, deux mesures' ? », a demandé Joseph Daul.

Le responsable autrichien s'est à son tour fendu d'une réponse et a invité également M. Daul et le PPE à balayer devant leur porte, l'Autrichien estimant n'avoir aucune leçon à recevoir d'un parti qui compte à la fois en son sein le parti GERB de l'ancien Premier ministre bulgare Boïko Borissov, régulièrement impliqué dans des scandales d'écoutes illégales mais aussi le parti Fidesz de Viktor Orban, tout autant en délicatesse avec les principes européens. « Je suis heureux de ne pas avoir d'individus de ce style dans mon groupe », a rétorqué M. Swoboda. Vainqueur des élections avec une courte avance, Boïko Borissov a jeté l'éponge jeudi 23 mai face à l'impossibilité de dégager une majorité et de former un gouvernement. Les trois autres partis, les socialistes du PSB, les libéraux du MDL et les ultra-nationalistes d'Ataka se sont en effet alliés contre le GERB. Le président bulgare, Rossen Plevneliev, a donc désigné l'économiste Plamen Orecharski, le candidat proposé par le parti socialiste, pour former un gouvernement. (SP)

 

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