Bruxelles, 22/05/2013 (Agence Europe) - Les approches actuelles de l'éco-innovation ont leurs limites car elles se concentrent, pour la plupart, sur les technologies et les produits, pris individuellement, alors que c'est un changement de cap qu'elles devraient viser, souligne un rapport de l'Observatoire européen de l'Éco-Innovation publié jeudi 22 mai, à l'occasion du 14ème Forum européen de l'éco-innovation (voir nouvelle suivante). Pour opérer ce changement de cap - condition requise pour que l'UE réussisse sa transition vers l'économie verte, l'Observatoire appelle à une approche systémique pleinement intégrée de l'éco-innovation. Il estime en effet que la politique d'éco-innovation de l'UE doit impérativement répondre aux problèmes systémiques, qu'un cadre pour les investissement éco-innovants est urgemment requis et que le plan d'action pour l'éco-innovation pourrait jouer un rôle plus fondamental pour faire de l'éco-innovation une levier de l'économie verte.
Ce rapport intitulé 'L'Europe en transition - paver la route vers une économie verte par l'éco-innovation' (Europe in transition - Paving the way to a green economy through the Eco-innovation) montre que des pays comme la Finlande, le Danemark et la Suède sont certes les champions de l'éco-innovation dans l'UE dans le classement établi par l'Observatoire, mais que, pour autant, ils ne sont pas les meilleurs quand on évalue les résultats environnementaux. Il souligne aussi que certains pays mettent trop l'accent sur les technologies propres plutôt que sur la productivité des ressources, et que l'éco-innovation se concentre dans certaines niches au lieu de faire l'objet d'une large diffusion dans toute la société.
Pour remédier à cela, il faudrait repenser les politiques d'éco-innovation pour s'attaquer à la racine de ce problème. Partant, l'Observatoire recommande aux décideurs politiques de: - fixer des objectifs d'éco-innovation à long terme et des étapes vers la réalisation de ces objectifs, à établir avec tous les acteurs, à intégrer dans le plan d'action de l'UE pour l'Éco-innovation et dans le programme cadre pour la R&D à l'horizon 2020. Ces objectifs devraient viser à la fois des gains à court terme comme l'efficacité des matériaux/ressources dans les entreprises, et des bénéfices à plus long terme représentant un système intégré d'éco-innovation. Les gains à court terme qui ne serviraient pas la vision à long terme ne devraient pas bénéficier d'un soutien ; - développer, par le dialogue une compréhension partagée du défi de l'éco-innovation (c'est-à-dire ce qu'elle est et ce qu'elle doit viser) qui soit la même pour les décideurs politiques et les autres acteurs dans toute l'Europe ; - mettre au point un système d'indicateurs robustes de l'éco-innovation et de collecte de données permettant une approche intégrée du suivi et de l'évaluation des politiques d'éco-innovation ; - se préparer à répondre à la complexité, l'ampleur et au rythme des futurs défis à relever par un renforcement de la coordination et de la coopération entre les politiques et les ministres. À cet effet, la Commission devrait, pour commencer, établir une « plateforme de compétence » horizontale pour l'éco-innovation, réunissant le personnel des différentes DG, des agences européennes responsables des grands programmes de l'UE et la Banque européenne d'investissement. (AN)