Bruxelles, 09/04/2013 (Agence Europe) - Plusieurs ONG, emmenées par Médecins Sans Frontières (MSF) et Oxfam, dénoncent la pression mise par l'UE sur l'Inde pour protéger son industrie pharmaceutique.
Rassemblés à Bruxelles mardi 9 avril à la veille d'une réunion cruciale mi-avril entre le commissaire Karel De Gucht et le ministre indien du Commerce, Anand Sharma, pour mettre la dernière main à un accord de libre-échange UE/Inde (EUROPE n° 10822), des activistes d'ONG dont MSF et Oxfam ont exigé, lors d'une mobilisation devant le Parlement européen, que la Commission abandonne les dispositions de l'accord qui nuiront selon eux à l'accès aux médicaments dans les pays en développement. « 80% des médicaments utilisés pour traiter le VIH/sida dans les pays en développement sont produits en Inde. Si l'UE parvenait à maintenir les dispositions présentes dans l'accord, l'approvisionnement en produits vitaux pour des millions de malades serait coupé », alerte l'ONG Oxfam, dans un communiqué. Par ailleurs, avertit MSF, des mesures pourraient permettre aux entreprises pharmaceutiques de poursuivre en justice toute partie qui fournit des traitements si son action est perçue comme interférente avec leurs investissements: ainsi, MSF pourrait être traînée en justice parce qu'elle fournit des médicaments génériques, explique l'ONG. La Commission ne peut se dire concernée par la santé des populations dans les pays en développement et en même temps tenter d'imposer à l'Inde des dispositions plus contraignantes en matière de propriété intellectuelle, déplorent les activistes, exhortant le Parlement européen à refuser ces dispositions avant de donner son aval à l'accord bilatéral. (EH)