login
login
Image header Agence Europe
Bulletin Quotidien Europe N° 10820
INSTITUTIONNEL / (ae) avenir de l'ue

Barroso très inquiet concernant le fossé entre le Nord et le Sud

Bruxelles, 04/04/2013 (Agence Europe) - Le fossé croissant entre les pays du Nord et du Sud de l'Europe constitue « un sujet d'inquiétude sérieuse » qu'il faut affronter, a déclaré le président de la Commission européenne, José Manuel Durao Barroso, jeudi 4 avril à l'issue d'une rencontre avec le chancelier autrichien Werner Faymann.

M. Barroso a plaidé pour un leadership « éclairé » aux niveaux européen et national afin d'empêcher que les citoyens d'un pays stigmatisent ceux d'un autre État membre, chaque pays traversant au cours de son histoire de bonnes et mauvaises passes. Selon lui, la façon de surmonter une situation exacerbée par la crise de la dette dans l'Eurozone est de mettre en avant « le concept de responsabilité et de solidarité conjointes ». Les pays qui font face à des difficultés en raison d'erreurs passées en matière de politiques budgétaire et financière devraient démontrer « plus de responsabilité » et « plus de sérieux », tandis que les pays en meilleure posture devraient « donner la main dans un vrai esprit de solidarité européenne » parce que c'est aussi « dans leur propre intérêt », a considéré l'ancien Premier ministre portugais, évoquant l'interdépendance économique des États membres au sein du marché intérieur.

M. Barroso a réitéré que la Commission présenterait « d'ici à l'été » une proposition législative introduisant un mécanisme unique de restructuration bancaire avec la création d'une autorité européenne spécifique et d'un fonds européen alimenté par l'industrie. « Nous travaillons à plein régime afin d'éviter que les citoyens aient, à l'avenir, à supporter les conséquences des crises financière ou de la dette », a-t-il souligné. Il a espéré que les travaux menant à une union bancaire et au renforcement de l'Union économique et monétaire empêcheront la réapparition de crises telles que celle touchant Chypre.

Garantie jeunes. M. Faymann a exposé les grandes lignes de la politique autrichienne en matière de lutte contre le chômage des jeunes, une référence en Europe (EUROPE n° 10818). Selon lui, cette bonne pratique peut servir d'exemple à d'autres États membres en proie à ce fléau. « Votre expérience mérite une grande attention de l'ensemble de l'Europe », a estimé M. Barroso.

M. Barroso a salué l'approbation par les États membres de la garantie jeunesse dotée de 6 milliards d'euros pour lutter contre le chômage des jeunes. Il espère que cette initiative débutera en 2014. En réponse à une question de la presse, Werner Faymann a estimé que l'enveloppe de 6 milliards était « un bon départ », mais a admis que cela ne sera pas suffisant. Il a estimé que si l'économie ne fonctionne pas assez bien et qu'il n'y a pas assez de croissance et de création d'emplois, « il sera difficile » de lutter contre le chômage des jeunes. Il faut donc selon lui investir dans « tous les facteurs de croissance », ce qui sera les fondations de notre bataille contre le chômage des jeunes. Cela inclut d'après lui aussi une gestion commune de la dette, et une flexibilité accrue sur les fonds non utilisés pour combattre le chômage des jeunes. La Commission aurait souhaité avoir un budget plus ambitieux, a rappelé M. Barroso. Mais les pays de l'UE n'ont pas pu s'entendre sur un niveau plus élevé de crédits. M. Barroso a rappelé aussi que la Commission a réorienté des fonds structurels non utilisés pour créer des initiatives dans ce domaine dans les pays où le taux de chômage des jeunes est particulièrement élevé. La Commission compte aussi sur davantage de flexibilité budgétaire dans le prochain cadre financier (2014-2020) pour permettre d'avoir davantage de fonds en faveur de la lutte contre le chômage des jeunes. (MB avec LC)

Sommaire

AU-DELÀ DE L'INFORMATION
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES
INSTITUTIONNEL
POLITIQUES SECTORIELLES
SOCIAL
ACTION EXTÉRIEURE