Bruxelles, 04/04/2013 (Agence Europe) - La Haute représentante de l'UE pour les Affaires étrangères, Catherine Ashton, a déploré, jeudi 4 avril, l'annonce par la République populaire démocratique de Corée de la réouverture de ses installations nucléaires à Yongbyon, qui comprennent un réacteur de cinq mégawatts, et d'une possible relance de l'enrichissement d'uranium à des fins militaires. « Ce serait une violation flagrante des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité des Nations unies ainsi que de son engagement pris en 2007 dans les pourparlers à Six de fermer ces installations », a-t-elle souligné. Elle a une nouvelle fois exhorté les dirigeants nord coréens à renouer le dialogue avec la communauté internationale, y compris dans le cadre des négociations à Six (Corées du Nord et du Sud, Chine, Russie, Japon et États-Unis) « afin d'œuvrer à la paix et une sécurité durables sur une péninsule coréenne dénucléarisée ».
Pour Mme Ashton, en rompant avec ses obligations internationales et en menaçant la stabilité de la région, Pyongyang va « inévitablement » provoquer une réponse « toujours plus unie » de la communauté internationale. « La Corée du Nord doit s'abstenir d'alimenter les tensions et montrer son engagement dans l'objectif convenu d'une dénucléarisation complète, vérifiable et irréversible de la péninsule coréenne », a ajouté la Haute représentante.
Appel à la diplomatie de la Chine
Mardi, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, avait considéré que « la crise actuelle (était) déjà allée trop loin ». « Les menaces nucléaires ne sont pas un jeu », a-t-il expliqué, précisant que la Corée du Nord ne devait pas aller « au devant d'une confrontation avec la communauté internationale ». Convaincu que « le dialogue et les négociations sont le seul moyen de résoudre la crise actuelle », il a redit, jeudi, sa préoccupation quant à la « montée de la tension sur la péninsule coréenne provoquée par la rhétorique incendiaire très négative de la Corée du Nord ». M. Ban Ki-moon a appelé, tout comme la France et l'Allemagne, la Chine à intervenir pour calmer la Corée du Nord. Quant au ministre des Affaires étrangères suédois, Carl Bildt, il a jugé « inquiétant de constater que le régime de Pyongyang est toujours déterminé à intensifier la tension », mettant en avant « le risque que les choses deviennent hors de contrôle ». La France a demandé la convocation d'une réunion du Conseil de sécurité de l'ONU.
Avant cette annonce, la situation était déjà très tendue entre la Corée du Nord, du Sud et les États-Unis, en raison des diverses menaces de Pyongyang. En 2007, la Corée du Nord avait accepté d'interrompre ses activités atomiques en échange d'une aide économique et de garanties de sécurité. Mais elle s'est retirée en 2008 des négociations à Six. (CG)