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Bulletin Quotidien Europe N° 10820
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SOCIAL / (ae) social

Garantie jeune, l'OIT s'associe à la Commission, mais pointe les défis

Bruxelles, 04/04/2013 (Agence Europe) - L'Organisation internationale du travail (OIT) s'est dite prête, jeudi 4 avril, à assister la Commission européenne en vue de soutenir les États membres dans la mise en place des mécanismes de 'garantie pour les jeunes'. Si l'OIT y voit un moyen de réduire le chômage des jeunes, qui s'est élevé au mois de février à 23,5% dans l'UE et 23,9% dans la zone euro, elle souligne en même temps que les preuves de son efficacité « sont plutôt limitées », alors que son coût devrait se situer entre 0,5 et 1,5% du PIB par pays.

En principe, tous les États membres sont d'accord pour créer un tel mécanisme, à la lumière des conclusions du Conseil des ministres de l'UE de fin février (EUROPE nº 10796). L'objectif est double: s'assurer d'une transition sans accrocs des jeunes de l'univers de l'éducation vers le monde du travail et prévenir le chômage de longue durée. Mais l'OIT pointe un problème de taille. Il n'y a pas suffisamment de preuves qu'une telle solution fonctionne, surtout dans les circonstances actuelles, qui se caractérisent par une récession et des mesures d'austérité budgétaire.

Les exemples sont ainsi relativement peu nombreux et fort hétéroclites de l'application de ce mécanisme. Certes, il y a des points communs et ils sont au nombre de trois: des mesures qui visent l'éducation et la formation ; des programmes et services d'emploi ; d'autres politiques actives du marché du travail. Toutefois, l'agencement des ces trois points varie considérablement d'un État à un autre, la 'garantie' étant surtout présente au Danemark, en Finlande, en Norvège, en Suède et partiellement en Allemagne, en Autriche, aux Pays-Bas et en Pologne. La durée de la garantie et la catégorie des personnes qui y ont accès ne sont pas non plus uniformes.

L'OIT reste ainsi plutôt prudente. Les mécanismes de garantie sont nécessaires, car ils permettent de stabiliser une situation de crise, que la plupart des dirigeants européens qualifient aujourd'hui de « crise sociale » et de « génération perdue ». Mais face à l'absence de preuves tangibles de l'efficacité de la 'garantie pour les jeunes', l'OIT ne la décrit finalement que comme une mesure 'potentiellement' bénéfique. Azita Berar Awad, directrice du département des politiques de l'emploi de l'OIT, a ainsi souligné que « l'analyse par l'OIT des différentes garanties-jeunes existantes montre le potentiel de ces dispositifs à pallier les manques, jusqu'à ce que la croissance économique se renforce et que le marché du travail se redresse ».

En conclusion, il semble, selon une analyse publiée par l'OIT, jeudi 4 avril, que la 'garantie' « peut être efficace dans la réalisation de l'objectif premier de s'assurer d'une transition en douceur des jeunes vers le marché du travail », sans toutefois garantir une stabilité d'emploi, que ce soit à court ou à moyen terme. Le défi secondaire est lié au coût de ces mécanismes, évalué par l'OIT à 21 milliards d'euros pour les seuls États qui partagent la monnaie commune. Un financement communautaire de 6 milliards d'euros pour les régions ayant un taux de chômage qui dépasse les 25% est prévu, tout comme un financement spécifique du Fonds social européen. Est-ce suffisant ? L'OIT ne se prononce pas là-dessus, ne faisant que souligner qu'il sera nécessaire d'avoir une certaine flexibilité budgétaire. (JK)

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