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Bulletin Quotidien Europe N° 10820
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) dÉveloppement

Plongeon de l'aide de l'UE, Oxfam s'alarme

Bruxelles, 04/04/2013 (Agence Europe) - Si l'Union européenne ne respecte pas ses engagements en matière d'aide publique au développement (consacrer à cette aide 0,7% de son RNB à l'horizon 2015), ce sont 90 millions d'enfants dans les pays en développement qui seront privés d'éducation, avertit l'ONG de développement Oxfam International, alarmée par la chute, pour la deuxième année consécutive, du volume d'aide de l'UE dont témoignent les données chiffrées préliminaires pour l'année 2012, publiées mercredi par le Comité d'aide au développement (CAD) de l'OCDE (EUROPE n° 10819).

« L'aide au développement, ce n'est pas la charité, c'est un investissement minime mais crucial pour construire un monde meilleur et plus sûr. Ces réductions auront pour résultat que des agriculteurs, en trop grand nombre, n'obtiendront pas l'aide dont ils ont besoin pour produire plus de nourriture et que trop d'enfants ne recevront pas l'éducation requise pour obtenir de meilleurs emplois. Ce désinvestissement signifie que les pays pauvres souffriront davantage de la pagaille créée par les banquiers des pays riches », commente Catherine Olier, expert en développement du bureau européen d'Oxfam.

Si la tendance à la contraction des budgets d'aide est générale, l'ONG souligne que les pays d'Europe occidentale ont fait moins bien que la tendance générale: les coupes les plus importantes ont été effectuées par l'Espagne (-49%) et l'Italie (-34%), la Belgique et l'Irlande ont procédé à des réductions significatives, et des économies majeures comme la France et l'Allemagne ont, elles aussi, réduit leur aide, « l'Allemagne n'atteignant désormais même pas la moyenne de l'UE-15 », dénonce l'ONG.

Ces piètres performances contrastent avec celle du Royaume-Uni qui, « en dépit de la récession, atteindra 0,7% cette année », souligne Oxfam International. Pour l'ONG, c'est la preuve que d'autres pays donateurs pourraient respecter leurs engagements s'ils le voulaient. « Ce n'est pas une question d'argent, mais de volonté politique. L'aide permet de construire des hôpitaux, de payer les salaires des médecins, d'acheter des équipements médicaux. Les pays comme l'Allemagne, la locomotive européenne de l'Europe, et la France, qui étaient traditionnellement de grands donateurs, doivent réfléchir au coût humain du renoncement à augmenter leur aide », poursuit l'expert d'Oxfam.

L'ONG salue le fait que le Luxembourg, la Suède, le Danemark et les Pays-Bas continueront à respecter leur engagement d'allouer plus de 0,7%, et appelle les 11 pays favorables à la taxation sur les transactions financières de consacrer une part significative des recettes générées par la TTF pour aider les pays pauvres à faire face au choc de la crise et aux effets du changement climatique. (AN)

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