Bruxelles, 04/04/2013 (Agence Europe) - La 'troïka' (Commission européenne, BCE, FMI) est de retour à Athènes en vue de reprendre les discussions avec les autorités grecques sur le versement éventuel d'une nouvelle tranche d'aide de 2,8 milliards d'euros.
Le mois dernier, les représentants des créanciers internationaux de la Grèce avaient quitté la capitale hellénique bredouille mais optimistes, les autorités grecques étant appelées à poursuivre leur travail sur certains éléments des conditions requises pour l'octroi de la tranche du mois de mars (EUROPE n° 10787). Selon la Commission européenne, il n'y a pas de calendrier précis pour la fin de cette mission. « Ces discussions prennent du temps », a expliqué un porte-parole, Olivier Bailly. Une source européenne a toutefois précisé que l'objectif était de conclure avant la prochaine réunion de l'Eurogroupe (vendredi 12 avril à Dublin), afin que les ministres des Finances de la zone euro puissent trancher sur le versement de la sous-tranche de mars. Cette décision requiert par ailleurs un Eurogroupe formel.
En plus de cette sous-tranche de 2,8 milliards, Athènes attend également un versement de 6 milliards d'euros, dont 1,8 milliard du FMI, prévu au cours du premier trimestre 2013. D'ici à fin mai, le pays devra honorer ses remboursements d'obligations arrivant à maturité, pour un total de 6,8 milliards d'euros dont 3,6 milliards en avril.
M. Bailly a également qualifié d'infondées les rumeurs relayées par les médias concernant le licenciement immédiat de 25 000 fonctionnaires grecs, qui serait une exigence de la Commission. Les termes du protocole d'accord passé avec Athènes prévoient la diminution du secteur public de 150 000 fonctionnaires d'ici à 2015. Pour arriver à ce chiffre, 25 000 employés doivent entrer dans un 'programme de mobilité' qui prévoit notamment des formations afin de faciliter la reconversion.
Taxe unifiée sur la propriété. Le gouvernement de coalition d'Antonis Samaras a, par ailleurs, annoncé mercredi soir avoir adopté une position commune sur la très controversée taxe sur la propriété immobilière qui devait être perçue via les factures d'électricité. Selon le quotidien grec Ekathimerini, celle-ci sera remplacée par une taxe unifiée sur la propriété qui sera effectivement perçue via les factures d'électricité mais seulement cette année. Selon le leader de la Gauche démocratique (Dimar), Fotis Kouvélis, cette taxe combinerait tous les impôts fonciers. D'où une facture potentiellement moins salée pour certains propriétaires.
La 'troïka' devra également se pencher sur le processus de privatisations lent à appliquer. Sur ce point, Athènes a annoncé lundi avoir lancé la procédure de privatisation de l'opérateur ferroviaire Trainose. L'appel d'offre doit être lancé fin juin et le processus être conclu d'ici au début de l'année 2014.
Enfin, le processus de recapitalisation du secteur bancaire, pour lequel une partie significative de l'enveloppe octroyée sera mobilisée, pourrait voir son délai reporté à fin mai, selon le gouverneur de la Banque centrale grecque Georges Provopoulos. Une hypothèse qui ravit les banques du pays (EUROPE n° 10802). (EL)