Bruxelles, 20/03/2013 (Agence Europe) - Les députés de la commission de l'industrie du Parlement européen (ITRE) ont apporté leur soutien à la commissaire Neelie Kroes, dans la poursuite des objectifs fixés en matière de stratégie numérique, mais dénoncent avec force le budget minimum adopté par le Conseil pour le Mécanisme pour l'interconnexion de l'Europe (MIE). La commissaire responsable de l'Agenda numérique était venue faire un état des lieux de l'avancement des objectifs fixés avec les députés le 19 mars.
La Commission européenne continuera à soutenir un Internet ouvert et à promouvoir l'informatique en nuage (cloud computing). En matière de droits d'auteur, une modernisation des règles doit être adoptée rapidement. Neelie Kroes s'attend par ailleurs à un accord sous présidence irlandaise pour la réutilisation des données publiques. La sécurité de l'information et des réseaux est également prioritaire et la commissaire espère que les discussions au PE avanceront pour une adoption rapide de la directive proposée par la Commission pour une stratégie en matière de cybersécurité. Les discussions sur la proposition de règlement relative à l'identification électronique devront également se poursuivre. La commissaire a également rappelé les besoins du marché en matière de compétences numériques et la nécessité d'attirer davantage de femmes dans ce type d'emploi. La journée « Girls in ICT » prévue en avril devrait favoriser un changement de mentalité espère-t-elle. La Commission veut également encourager l'innovation. Le futur programme Horizon 2020 devrait offrir un cadre favorable pour la recherche et les TIC ont leur rôle à jouer, s'est félicitée Neelie Kroes. Autre chantier: les réseaux super rapides indispensables pour le fonctionnement des nouvelles technologies. La commissaire a déploré le manque d'ambition des États membres à propos du MIE (1 milliard d'euros a été retenu par le Conseil pour son financement contre 9,2 milliards proposés par la Commission) en assurant qu'elle utiliserait toutes les possibilités de financements disponibles pour ne pas ralentir le développement des nouvelles infrastructures (notamment prêts BEI et fonds structurels). Il faut penser « grand » et penser européen, afin que l'Europe retrouve sa place de leader dans les technologies numériques, a conclu la commissaire. Avant le sommet d'octobre, la Commission identifiera dans un rapport les mesures à adopter pour l'édification d'un marché unique numérique, comme le lui a demandé le Conseil européen le 14 mars dernier.
Se félicitant de l'approche pragmatique de Neelie Kroes dans sa gestion du portefeuille numérique, Pilar del Castillo (PPE, Espagne), rapporteur pour le cloud computing, a demandé quels progrès peuvent être réalisés en matière de spectre numérique. Elle a également évoqué le sous-financement du MIE par le Conseil, également dénoncé par de nombreux autres députés (notamment Lambert van Nistelrooij, PPE, Pays-Bas), Silvia-Adriana Ticãu (S&D, Roumanie), Teresa Riera Madurell (S&D, Espagne), Britta Thomsen (S&D, Danemark)). Les députés se demandent dans quelle mesure les sources de financement alternatives au budget pourront remplacer celui-ci et permettre le déploiement de la large bande dans toutes les régions. Mmes Ticãu et Riera Madurell ont demandé à la commissaire davantage d'informations quant à une stratégie sur le cloud computing. En matière d'accès ouvert aux publications, Maria Da Graça Carvalho (PPE, Portugal) a souhaité un « business model » d'ici 2020. (IL)