Bruxelles, 11/01/2013 (Agence Europe) - Le vice-président de la Commission européenne chargé de la Concurrence, Joaquín Almunia, s'est déclaré convaincu que Google, principal moteur de recherche sur Internet, abuse de sa position dominante en détournant le trafic Internet « vers ses propres services tels que ses cartes, son comparateur de billets d'avion, son comparateur de shopping, etc. », dans une interview au Financial Times publiée le 10 janvier. Alors que le géant américain a été blanchi de cette accusation aux États-Unis par la Federal Trade Commission, l'enquête continue au niveau de l'UE, a indiqué le commissaire, souhaitant une solution à l'amiable qui, a-t-il précisé, ne concernera cependant pas le système d'exploitation Androïd (smartphones). M. Almunia a justifié la différence d'appréciation de la Commission par rapport à la FTC américaine par la position plus forte de Google en Europe, avec 90% des recherches et par les critères différents pour apprécier les abus de position dominante.
Le commissaire a rappelé que les préoccupations de la Commission portent sur « la façon dont ils [Google] présentent leurs propres services » et non sur l'algorithme de recherche lui-même. « Un élément de la solution pourrait être d'avertir lorsque les services de Google (...) sont affichés dans une position artificiellement plus élevée que ceux des concurrents. Mais d'autres modifications doivent concerner aussi la manière dont les services de Google sont affichés parmi les résultats généraux de la recherche. » Lors d'une réunion en décembre avec le président de Google, M. Almunia avait précisé qu'il voulait une proposition de Google pour un règlement à l'amiable avant la fin de janvier, sinon il serait obligé « d'agir ». (FG)