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Bulletin Quotidien Europe N° 10762
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / (ae) Économie

Rehn, l'heure n'est pas à la complaisance

Bruxelles, 11/01/2013 (Agence Europe) - La zone euro ne peut « se permettre de baisser la garde » en 2013, a prévenu le commissaire chargé de l'euro, Olli Rehn, vendredi 11 janvier lors d'un discours à l'European Policy Centre. Même si la croissance retrouvera « graduellement » des couleurs cette année ouvrant la voie à une reprise « plus robuste » en 2014, les Dix-sept doivent maintenir le tempo de leurs réformes, tout en ne négligeant pas leur compétitivité. Un message complémentaire de celui martelé la veille par le président de la BCE, Mario Draghi (EUROPE n° 10761).

Pour favoriser ce retour à la croissance, les États sont donc pressés « de booster l'investissement et l'entrepreunariat ». Le retour à la normale, aux yeux de M. Rehn, sera possible grâce au bon mélange de la consolidation budgétaire et de mesures favorisant la croissance. Quant au récent mea culpa de deux économistes du FMI selon lesquels l'austérité préconisée a un impact bien supérieur à celui initialement escompté, M. Rehn a indiqué que la Commission, la BCE et le FMI, qui représentent les créanciers internationaux des pays en difficultés, essayaient en ce moment de trouver « un terrain d'entente » sur ce point. Le rapport du FMI présenté la semaine passée a mis en lumière le fait que l'impact de la crise était trois fois plus grave que prévu (EUROPE n° 10758).

M. Rehn n'a jamais démenti l'effet récessif initial de l'austérité économique. Mais, selon lui, il est difficile d'énoncer des principes qui s'appliquent à tout le monde. Il faut également prendre en compte « l'effet de confiance » des investisseurs qui peut mener les taux d'emprunts à des niveaux très élevés. L'Italie, par exemple, a vu ses conditions d'emprunt s'assouplir, depuis novembre 2012, quand elle a commencé à adopter « des mesures d'assainissement plus solides ». Et le commissaire d'ajouter que l'impact des mesures d'austérité sera également différent si un État continue à disposer d'un accès aux marchés pour refinancer sa dette publique. Depuis 3 ans, la Grèce, où les effets de l'austérité ont été les plus sévères, ne se finance plus sur les marchés qu'à très court terme. Tenant compte de la détérioration de l'économie grecque, les Européens ont accordé à Athènes deux ans de plus, jusqu'en 2016, pour atteindre ses objectifs budgétaires.

Espagne. Interrogé sur la possibilité que l'Espagne bénéficie du même traitement, le commissaire ne l'a pas exclu. « Si la croissance se détériore de manière impromptue, un État peut recevoir un délai supplémentaire pour corriger son déficit excessif, dans la mesure où celui-ci a fourni l'effort budgétaire conclu », a-t-il indiqué. Une fois les prévisions d'hiver publiées (le 22 février), l'UE devrait être à même de faire ce genre de recommandations sur base de l'évaluation des mesures prises par les pays, dont l'Espagne.

Les autorités espagnoles continuent, à ce stade, de rejeter toute demande d'assistance financière complète. Madrid a réussi, jeudi, sa première émission de dette souveraine (5,8 milliards d'euros de titres à 2, 5 et 13 ans, à un taux de 5,55% pour les titres à long terme). Le taux espagnol à 10 ans est même redescendu sous la barre des 5%, une première depuis avril 2012. En 2013, l'Espagne empruntera 121 milliards d'euros.

La situation reste fragile. M. Rehn a souligné que, la dette publique moyenne dans l'UE étant passée de 60 % à 90% depuis 2008, le besoin de consolidation restait bien présent. De tels niveaux d'endettement public plombent « le dynamisme économique », a estimé le commissaire, pour qui, malgré les avancées réalisées, les mois à venir seront difficiles et « tomber dans la complaisance serait impardonnable ». (EL avec MB)

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