Bruxelles, 11/01/2013 (Agence Europe) - La remise des recommandations en vue de négociations de libre-échange transatlantique est imminente. L'Irlande, le Royaume-Uni et la Commission ont de grandes attentes.
Le commissaire au Commerce, Karel De Gucht, et son homologue américain, le représentant au Commerce Ron Kirk, devraient remettre d'ici fin janvier leurs recommandations sur la faisabilité d'un accord de libre-échange UE/États-Unis. Initialement, ce document devait être soumis avant la fin 2012.
Le rapport intérimaire rendu au mois de juin a clairement délimité le champ des futures négociations, mettant en exergue un large éventail d'options possibles pour l'expansion du commerce et des investissements transatlantiques, incluant: l'élimination ou la réduction des barrières conventionnelles au commerce des marchandises (tarifs et contingents tarifaires), l'élimination, la réduction ou la prévention des obstacles au commerce des services et des investissements ; les possibilités de renforcer la compatibilité des règlements et des normes ; l'élimination, la réduction ou la prévention des barrières non tarifaires derrière la frontière.
Par la voix de son Premier ministre Enda Kenny, l'Irlande, qui a pris le 1er janvier les rênes de la présidence de l'UE pour le 1er semestre 2013, n'a pas caché son excitation quant à la perspective de lancer des négociations de libre-échange avec les États-Unis, et ce malgré une grande sensibilité sur le dossier agricole. « Ces pourparlers ont un énorme potentiel », a souligné M. Kenny, recevant le président du Conseil européen Herman Van Rompuy le 10 janvier à Dublin. Le Taoiseach Kenny a aussi dit espérer que le Conseil octroie sous présidence irlandaise un mandat de négociation à la Commission.
Le Premier ministre britannique, David Cameron, fait lui aussi des négociations de libre-échange entre l'UE et les États-Unis une priorité clef du Royaume-Uni pour sa présidence du G8 en 2013. Dans un courrier à ses homologues du club des huit pays les plus industrialisés (Allemagne, Canada, États-Unis, France, Italie, Japon, Russie et Royaume-Uni), M. Cameron souligne que « L'Europe et les États-Unis représentant un tiers du commerce mondial, le plus précieux de tout serait d'entamer des négociations sur un accord commercial entre l'UE et les États-Unis ». Cet accord n'est cependant pas un dossier pour le G8, et la position de M. Cameron en Europe est fragilisée par le débat interne au Royaume-Uni sur l'appartenance du pays à l'UE (voir autre nouvelle). La région du Lough Erne (Irlande du nord) accueillera le sommet du G8 en juin.
Pour la Commission, la négociation d'un accord de libre-échange ambitieux avec les États-Unis serait « la meilleure option pour l'UE ». Dans une note interne à ses services, l'exécutif européen estime qu'il ne fait « aucun doute » qu'entamer des négociations de libre-échange est « l'option préférée », au regard de deux autres, le statu quo ou des seuls accords sur les tarifs, les services et les marchés publics. Un accord global entre l'UE et les États-Unis participerait en outre à accroître le revenu mondial de 325 milliards d'euros, dont 86 milliards d'euros se matérialiseraient dans les pays tiers. Une telle initiative contribuerait en substance au redressement d'une économie mondiale plongée dans une des plus grandes récessions de son histoire. Un accord commercial complet entre l'UE et les États-Unis, dont les échanges bilatéraux atteignent déjà 3 800 milliards d'euros par an et alimentent 15 millions d'emplois de part et d'autre de l'Atlantique, leur permettait aussi de faire face à l'essor rapide des économies émergentes, comme la Chine, note la Commission. (EH)