Bruxelles, 11/01/2013 (Agence Europe) - Dans le développement des hautes technologies, l'UE « a été constamment à la traîne » et ceci ne devrait pas changer, malgré les initiatives en ce sens entreprises par la Commission européenne. Ce constat d'échec, qui se traduit surtout par l'incapacité de l'UE à « transformer sa base de connaissance en biens et services », a été établi par le Comité économique et social européen (CESE) dans un avis adopté à la mi-décembre 2012.
Le CESE a été saisi par la Commission pour donner un avis sur sa seconde communication, la première datant de 2010, sur la « stratégie européenne pour les technologies clés génériques - Une passerelle vers la croissance et l'emploi », présentée le 26 juin 2012. Cette nouvelle stratégie est construite sur la base de trois piliers qui englobent toute la chaîne de fabrication, de la conception d'un produit de haute technologie à sa production: (1) le pilier de la recherche technologique (organismes de recherche) ; (2) le pilier du développement des produits (consortiums industriels) ; (3) le pilier des activités manufacturières.
Disposer de la chaîne complète pour la fabrication des technologies clés génériques (TCG) en Europe, en faisant jouer aussi bien les instruments européens (BEI, programme-cadre pour la recherche, Fonds de cohésion) que nationaux (aides d'État), est devenu de sorte le défi principal pour la Commission en vue de permettre la création d'entreprises européennes de haute technologie, à l'image de sociétés américaines telles qu'Apple ou Google.
La stratégie proposée par la Commission pose toutefois plusieurs problèmes. En voulant soutenir les TCG à travers une stratégie en trois piliers, les efforts pourraient s'en trouver trop dispersés, alors que le volet de la R&D, souligne le CESE, devrait rester prioritaire. De surcroît, en proposant un cadre européen de gouvernance, la Commission a négligé de présenter les modalités concrètes d'application de son plan, au risque de ne pas assurer suffisamment « d'élan » à son programme. C'est un problème qui a également trait à la structure interne de la Commission, puisque le CESE fait remarquer que jusqu'à six commissaires européens peuvent intervenir dans les dossiers qui touchent aux TCG.
Sans remettre en cause l'importance des hautes technologies, le CESE doute cependant de l'efficacité d'une approche homogène à toute l'UE. « Il serait logique de concevoir des politiques et des programmes sur mesure » pour différents groupes d'États membres. Ces groupes ou « régions » seraient composés de plusieurs États mis ensemble sur un critère géographique et de cohérence, notamment en matière de qualifications scientifiques et de culture d'entreprise.
Alors que l'UE « n'a donné naissance qu'à trois entreprises de haute technologie de niveau mondial » depuis 1957, il est difficile d'espérer qu'une stratégie commune à toute l'Europe change la donne. Dans l'état actuel des choses, cela « témoigne d'un échec commun du capitalisme et de l'esprit d'entreprises », constate le CESE. Il n'y a aujourd'hui tout simplement pas assez d'entreprises européennes capables de produire et de commercialiser les réalisations du pilier R&D, pour ensuite s'imposer sur le marché mondial. (JK)