Bruxelles, 09/01/2013 (Agence Europe) - La stratégie du commissaire Tajani pour relancer une économie réelle de l'UE mal en point s'étoffe avec des mesures pour gonfler le nombre de ses entrepreneurs, en puisant dans un réservoir inexploité de ressources humaines, en particulier les jeunes et les femmes.
Face à une croissance en berne et à un chômage qui ne cesse de grimper, la Commission européenne voit dans la création d'entreprise une possibilité parmi d'autres, comme la réindustrialisation de l'UE, qui a fait également l'objet d'un plan d'action global présenté en octobre 2012 (EUROPE n° 10707) pour sortir de la crise. Les nouvelles entreprises, en particulier celles de petite et moyenne taille, les PME, sont la principale source de création d'emplois en Europe (quatre millions par an). Chargé de l'industrie au sein de l'exécutif européen, Antonio Tajani ne ménage pas ses efforts pour trouver des solutions visant à relancer l'économie réelle. Le vice-président de la Commission a présenté, mercredi 9 janvier, un plan d'action pour soutenir les entrepreneurs et dynamiser la culture d'entrepreneuriat en Europe.
S'il souligne le rôle essentiel de l'éducation et de la formation, son plan prévoit des mesures spécifiques d'aide aux jeunes, aux femmes, aux personnes âgées, aux migrants et aux chômeurs désireux de créer leur propre entreprise. Il s'attaque également aux freins à l'entrepreneuriat, à travers des mesures pour stimuler la création d'entreprise et faciliter leur transmission, mais aussi pour améliorer l'accès au financement et offrir une seconde chance aux entrepreneurs en faillite. « Devenir entrepreneur et faire de ses projets une réalité nécessitent de prendre des risques et requièrent un travail considérable. Les entrepreneurs sont les héros d'aujourd'hui. Dans toute l'histoire économique, l'esprit d'entreprise a été le moteur le plus puissant de la croissance. L'entrepreneuriat doit devenir une perspective attrayante et accessible pour les Européens. Si nous parvenons à libérer le potentiel entrepreneurial de l'UE, nous réussirons à renouer avec la croissance », jure le commissaire Tajani.
L'éducation à l'entrepreneuriat est le domaine d'action prioritaire du plan de la Commission. Entre 15 et 20 % des étudiants qui prennent part à un programme 'mini-entreprise' au cours de leur cursus secondaire créent plus tard leur propre entreprise, soit trois à cinq fois plus que le reste de la population, insiste l'exécutif européen, qui voit dans la formation à l'entrepreneuriat dans l'enseignement supérieur un outil pour stimuler le développement d'entreprises de haute technologie et à forte croissance.
Le plan d'action couvre en outre six domaines clés dans lesquels des mesures doivent être prises en vue de créer un environnement propice à la prospérité et l'expansion des entreprises. L'amélioration de l'accès au financement (via la création d'un marché européen du micro-financement et une simplification des systèmes fiscaux) et la simplification administrative ont, comme dans toutes les stratégies de la Commission en faveur de la croissance, une place de choix. L'exécutif européen préconise également de renforcer le soutien des États membres en faveur des entreprises dans les phases cruciales de leur cycle de vie ; il s'agit pour les capitales d'aider les entreprises à franchir le cap des cinq premières années d'existence, au cours desquelles 50 % d'entre elles font faillite, grâce à des formations à la gestion, à un accompagnement en matière de R&D et à la mise en réseau avec leurs pairs ainsi qu'avec leurs fournisseurs et clients potentiels. Les entreprises doivent aussi être encouragées à adopter les technologies de l'information et de la communication (TIC), qui leur assurent un développement deux à trois fois plus rapide. La Commission veut aussi faciliter la transmission d'entreprise, qui voit encore aujourd'hui disparaître 150 000 des 450 000, entreprises, qui changent de propriétaire chaque année ; elle propose d'élargir les débouchés des entreprises et de lever les obstacles aux transmissions transfrontalières. Enfin, la Commission propose de ne plus axer la réglementation sur la liquidation et d'aider les entreprises à surmonter leurs difficultés financières pour offrir une seconde chance aux entrepreneurs honnêtes qui font faillite.
Le plan d'action du commissaire Tajani s'efforce aussi de promouvoir l'esprit d'entreprise auprès de segments spécifiques de la population, en particulier les femmes (qui ne représentent que 34,4 % des travailleurs indépendants en Europe), les personnes âgées (en stimulant la transmission aux jeunes générations du savoir-faire d'entrepreneurs aujourd'hui à la retraite) et les populations immigrées (en offrant à des populations souvent confrontées à des difficultés sur le marché du travail un vecteur d'émancipation économique et d'intégration sociale). Pour les chômeurs, il propose que les aides au développement des entreprises comportent des mesures de formation et de tutorat.
L'initiative de la Commission s'appuie notamment sur les résultats d'un Eurobaromètre sur l'esprit d'entreprise qui révèle que 37 % des Européens aimeraient être leur propre patron. Divers obstacles empêchent les Européens de franchir le pas, notamment la peur de la faillite et le risque de revenus irréguliers. (EH)