Bruxelles, 08/01/2013 (Agence Europe) - En ce début de 2013 qui marque le lancement de l'année européenne de l'air, le Bureau européen de l'environnement (BEE), la plus grande fédération d'ONG environnementales en Europe, appelle au durcissement des politiques de l'UE en faveur de la qualité de l'air, pour le salut tant de la santé que de l'environnement. Cet appel a été lancé mardi 8 janvier à l'occasion d'une conférence de haut niveau organisée à Bruxelles à la représentation de la Rhénanie du Nord/Westphalie auprès de l'UE sur le thème 'Insuffler un vent de changement dans la politique de l'air de l'UE' ('Blowing the Winds of Change into European Air Policy'). Cette conférence coïncidait avec la publication d'un Eurobaromètre montrant que la pollution de l'air est une préoccupation majeure pour une grande majorité de citoyens de l'UE puisque 72 % des personnes ayant répondu au sondage ont estimé que les autorités publiques ne font pas assez pour promouvoir une bonne qualité de l'air et qu'ils sont 87 % à estimer que les maladies respiratoires sont un grave problème (voir nouvelle précédente).
« La pollution de l'air émane de différentes sources tout autour de nous - qu'il s'agisse des voitures, des installations industrielles, de la navigation, de l'agriculture ou des déchets. L'UE doit proposer une législation ambitieuse pour s'attaquer à toutes ces sources si elle veut s'attaquer aux conséquences très graves, pour la santé publique, de la pollution atmosphérique », a déclaré Jeremy Wates, secrétaire général du BEE.
Rappelant que la pollution de l'air par les particules fines cause plus de 455 000 décès prématurés par an en Europe, comme l'a révélé une étude récente du European Topic Centre on Air and Climate Change (ETC/ACC), réalisée pour le compte de l'Agence européenne de l'Environnement (AEE), le BEE déplore que les normes actuellement en vigueur dans l'UE pour la qualité de l'air ambiant soient moins strictes que celles recommandées par l'Organisation mondiale de la santé (OMS) pour minimiser les effets sur la santé des polluants atmosphériques. Ces décès prématurés ont un coût économique élevé en termes de frais d'hospitalisation, de jours de travail non travaillés et de dommages occasionnés aux écosystèmes, souligne le BEE. Pour les particules les plus fines (PM2,5) qui sont les plus dangereuses pour la santé humaine puisqu'elles pénètrent aisément dans les poumons, la concentration maximale autorisée est de 25 microgrammes/m3, soit deux fois et demi moins sévère que la valeur limite recommandée par l'OMS, et n'entrera en vigueur qu'en 2015, fait observer le BEE. Par comparaison, les États-Unis sont beaucoup plus ambitieux en la matière puisque l'Agence de protection de l'environnement américaine propose cette année une valeur limite annuelle de 12 microgrammes/m3. En 2011, Janez Potocnik, commissaire européen à l'Environnement, a annoncé que la révision de la directive sur les plafonds nationaux d'émissions serait différée à 2013. Une consultation publique est actuellement en cours en vue de réviser la législation de l'UE relative à la qualité de l'air (EUROPE n° 10749). (AN)