Bruxelles, 14/12/2012 (Agence Europe) - Dans les conclusions adoptées vendredi 14 décembre, le Conseil européen a consacré une place inhabituellement importante à la politique de sécurité et de défense commune (PSDC). En vue du Conseil européen de décembre 2013, qui sera largement consacré aux questions de défense, en fixant « les priorités et les échéanciers » pour accroître les capacités de l'UE et préserver sa base industrielle et technologique de défense, les chefs d'État et de gouvernement demandent aujourd'hui à la Haute représentante pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, Catherine Ashton, ainsi qu'à la Commission européenne, de préparer de nouvelles « initiatives » d'ici septembre 2013. Si les priorités sont identifiées, le texte adopté reste toutefois silencieux sur un possible recours aux instruments législatifs et budgétaires de l'UE.
Trois domaines prioritaires ont ainsi été identifiés par les Vingt-Sept. (1) Il s'agit « d'accroître l'efficacité, la visibilité et l'impact de la PSDC » en développant davantage la faculté de l'UE à déployer ses capacités civiles et militaires, dans le cadre de l'approche globale, en vue de répondre à des « défis sécuritaires » internationaux. Des défis auxquels l'UE sera amenée à répondre, en assurant à l'avenir une part plus grande de la « responsabilité dans le maintien de la paix dans notre voisinage et au-delà », a affirmé le président du Conseil, Herman Van Rompuy, à l'issue du Sommet. (2) Le Conseil européen reconnaît en même temps « la nécessité urgente de renforcer la coopération européenne afin de développer les capacités militaires et de combler les lacunes critiques ». Une coopération à l'échelle de l'UE qui devrait donc être plus « systématique », avec une « approche à long terme », qui passerait aussi par la coordination des planifications des États membres en matière de défense nationale. Le Premier ministre belge, Elio di Rupo, a justement insisté sur cette nécessité d'adopter une approche commune, lors d'un point de presse à l'issue du Sommet: « Les visions de chacun des pays sont des visions assez différentes, mais il y a une seule réalité: l'évolution technique et un coût de plus en plus important et insupportable pour un État seul » pour développer et maintenir des capacités militaires viables. En cela, la Haute représentante, à travers le Service européen d'Action extérieure et avec le soutien de l'Agence européenne de défense, ainsi que la Commission, sont priés de recenser « les doubles emplois actuels et les lacunes en matière de capacités » et d'établir « un ordre de priorité pour les besoins futurs ».
(3) L'épineuse question de l'industrie européenne de la défense a également été évoquée et le Conseil européen de décembre 2013 devrait présenter les différentes voies pour développer « une base industrielle et technologique de défense européenne qui soit plus intégrée, plus durable, plus innovante et plus compétitive ». L'objectif « est de réaliser un marché unique européen de la défense », a déclaré Mario Monti, le chef du gouvernement italien. Le président français, François Hollande, a d'ailleurs souligné que c'est un changement de perspective important. « Nous avons besoin d'une industrie européenne de défense », alors que jusque-là les États membres, dont la France, y ont été réticents, a-t-il dit, lors d'une conférence de presse, vendredi 14 décembre. D'autres points ont été évoqués en filigrane, comme le besoin de créer « des synergies accrues entre les aspects civils et militaires de la recherche et du développement » ou les retombées potentiellement bénéfiques d'une approche commune de la défense « sur l'emploi, la croissance, l'innovation et la compétitivité industrielle ». Pour M. Monti, la question est ainsi posée de savoir comment « rattacher les investissements pour la défense aux stratégies pour la croissance économique et l'innovation technologique et l'emploi ». (JK/MD/FG/EH)