Bruxelles, 14/12/2012 (Agence Europe) - Le premier décaissement des 34,3 milliards d'euros d'aide à la Grèce devrait avoir lieu ce lundi 17 décembre, a indiqué vendredi 14 le Premier ministre grec, Antonis Samaras, à l'issue du Sommet européen (EUROPE n° 10451). Il a ajouté que le FMI verserait sa part de 3,5 milliards d'euros en janvier, portant le montant total des sommes déboursées à 52,5 milliards d'euros avant mars 2013.
M. Samaras a également défendu la décision d'allouer une importante partie de cette somme (23,2 milliards d'euros) à la recapitalisation du secteur bancaire. L'objectif visé par le pays, qui connaîtra en 2013 une 6ème année de récession consécutive, est d'injecter des liquidités dans l'économie réelle et de générer ainsi de la croissance. « Nous sommes engagés à créer de l'emploi », a-t-il déclaré. M. Samaras devait par ailleurs s'entretenir vendredi avec le commissaire chargé de la Concurrence, Joaquín Almunia.
M. Samaras s'est également félicité que la décision prise par les Dix-sept la veille (EUROPE n° 10751) de donner leur feu vert à la reprise des versements traduise la reconnaissance des sacrifices consentis par le peuple grec. « Je pense que (nos partenaires européens) sont conscients qu'il ne s'agit pas seulement d'un accomplissement pour la Grèce mais également pour l'Europe », a-t-il aussi déclaré. Et de préciser que le Premier ministre portugais avait signifié, lors du Conseil européen, que les résultats obtenus pour la Grèce avaient déjà eu des retombées positives sur les conditions d'emprunt de son pays sur les marchés financiers.
La veille, lors d'une conférence de presse, le ministre grec des Finances, Yannis Stournaras, avait expliqué que le fardeau de la dette allait pouvoir être allégé de 20 points de pourcentage par rapport au PIB, grâce à l'opération de rachat de dette et à la réduction ultérieure des taux d'intérêts sur les prêts accordés à Athènes. M. Samaras a par ailleurs espéré qu'une éventuelle recapitalisation directe des banques par le Mécanisme européen de stabilité (MES) pourra alléger l'endettement hellénique de 50 milliards d'euros supplémentaires. L'objectif fixé par l'Eurogroupe est d'atteindre un ratio dette/PIB de 124 % en 2020.
Le ministre des Finances grec avait toutefois rappelé jeudi que les versements prévus en 2013 dépendront du respect des conditions inscrites dans le protocole d'accord, dont une réforme fiscale présentée jeudi soir au Parlement national. Athènes ambitionne de récolter 2,5 milliards d'euros d'impôts supplémentaires grâce à cette réforme.
Beaucoup reste à faire pour redresser l'économie grecque. Toutefois, si la Grèce travaille de manière efficace, cette nouvelle étape « serait le point de départ de tout un ensemble de changements », a estimé M. Samaras. Et d'ajouter: « Il ne tient qu'à nous de tirer profit de ces opportunités. » (EL)