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Bulletin Quotidien Europe N° 10728
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / (ae) espagne

De Guindos, nous empruntons cher à cause de la crise de l'euro

Bruxelles, 12/11/2012 (Agence Europe) - Le ministre espagnol de l'Économie, Luis De Guindos, a défendu, lundi 12 novembre, les mesures budgétaires et économiques mises en œuvre par le gouvernement de Mariano Rajoy afin de lutter contre la récession et restaurer la confiance des investisseurs internationaux. Notre stratégie est « cohérente »: les réformes structurelles visant à stimuler la compétitivité et l'emploi vont de pair avec la consolidation des finances publiques, a-t-il déclaré devant la commission des Affaires économiques et monétaires du Parlement européen. Il a de nouveau écarté l'hypothèse d'un sauvetage global pour son pays.

Malgré les fruits qu'elle commence à récolter de ses efforts, l'Espagne doit s'acquitter d'une « prime de risque supérieure aux fondamentaux » dans ses opérations de refinancement, a estimé le ministre, pour qui une diminution de « 100 points de base » des coûts de refinancement espagnols entraînerait une augmentation de « 0,5 % » du PIB national. Selon lui, « les PME espagnoles paient pour près du double que ce que paient les PME allemandes ». M. De Guindos en est convaincu: « Le seul moyen de sortir de la crise » est de dégager une solution européenne afin d'en finir avec les différentiels de taux d'intérêt appliqués aux dettes nationales qui avantagent certains pays par rapport aux autres.

Le ministre s'est dit favorable à l'idée d'accorder à l'échelon européen un pouvoir accru de surveillance budgétaire, comme le réclament l'Allemagne et les Pays-Bas. Il a toutefois estimé nécessaire d'accompagner cette démarche d'un contrôle accru, par le PE, des institutions européennes qui seraient dotées de ces nouvelles compétences. Quant à l'union bancaire, qu'il a qualifiée d'étape « très importante » dans la résolution de la crise, il a espéré que les travaux sur le mécanisme unique de supervision bancaire avanceront rapidement (voir autre nouvelle). La création d'un superviseur européen chapeauté par la BCE ouvrira la voie à la recapitalisation bancaire directe par le Mécanisme européen de stabilité.

Interrogé par Raül Romeva i Rueda (Verts/ALE, espagnol) sur la vague d'expulsions frappant les emprunteurs devenus insolvables, il a rappelé l'action du gouvernement et de l'opposition pour répondre à la détresse de nombreux Espagnols surendettés. Lundi, les banques espagnoles ont accepté l'idée d'un moratoire de deux ans sur les expulsions pour les cas extrêmes. (MB)

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