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Bulletin Quotidien Europe N° 10728
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) ligue arabe

Un dialogue pour le dialogue

Bruxelles, 12/11/2012 (Agence Europe) - La Haute représentante de l'UE pour les Affaires étrangères, Catherine Ashton, est en Égypte depuis lundi 12 novembre où elle participera à la 2ème réunion conjointe UE/Ligue arabe. Les 27 ministres européens des Affaires étrangères et la plupart de leurs collègues arabes y sont officiellement attendus. Une déclaration conjointe est en cours d'élaboration et ne devrait être finalisée que durant la conférence au Caire, signe que de fortes divergences subsistent quant à l'appréciation de la situation dans la région. Les pays arabes comptent y mettre l'accent sur la politique israélienne de poursuite et de renforcement des colonies de peuplement et le processus de paix en général qui leur semble compromis par les choix du gouvernement actuel en Israël. La Syrie sera également au menu.

Ces divergences sur le Proche-Orient sont « classiques », commente-t-on d'un côté comme de l'autre. L'UE, qui a rappelé en chaque circonstance sa position entend s'y tenir, d'autant que les points de divergence sont aussi entre pays arabes eux-mêmes. L'Égypte, pourtant dirigée par un gouvernement islamiste, proche du Hamas, a renvoyé fin octobre en Israël un ambassadeur qui a présenté ses lettres de créance au président, Shimon Peres. La situation qui prévaut depuis quelques jours à Gaza pourrait cependant contribuer à raidir les positions et la réunion pourrait, selon des avis concordants, se limiter à la publication d'une déclaration « minimaliste ».

La position de l'Europe en elle-même n'est pas mise en question et son appui aux Palestiniens (soutien aux structures de l'Autorité palestinienne, aide humanitaire qui dépasse nettement celle octroyée par la Ligue arabe et ses membres). Mais les pays arabes souhaitent son appui pour déboucher à l'ONU sur la reconnaissance d'un futur État palestinien. L'importance de cette réunion réside d'abord dans le fait qu'elle puisse avoir lieu dans un tel contexte, selon des diplomates arabes à Bruxelles et elle amorcera une nouvelle fois, après celle de Malte en 2005, un engagement à coopérer selon un programme de travail en discussion. Mais qui pourrait, comme il y a 5 ans, rester à l'état théorique. Le dialogue euro-arabe aurait surtout une vertu « psycho-politique » permettant aux pays arabes d'évacuer les sujets de controverse. Un des avantages notés serait aussi d'éviter à l'UpM (Union pour la Méditerranée) de tels débats sur des sujets qui s'étaient révélés paralysants à leur évocation au sein des structures de dialogue euro-méditerranéennes.

Rappelons que l'UE et la Ligue arabe ont mené de 1975 à 1981 un dialogue structuré aussi bien politique que technique et n'a abouti à rien sauf peut-être la fameuse « déclaration de Venise » (13 juin 1980) qui avait scellé la reconnaissance européenne du fait palestinien. (FB)

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