Bruxelles, 05/11/2012 (Agence Europe) - Selon un rapport publié le 30 octobre par la Commission européenne sur l'accord UE/Côte d'Ivoire en matière de pêche, il conviendrait de revoir, dans le futur protocole, le tonnage de référence qui est sous-utilisé. En outre, la mise en œuvre d'un programme de surveillance et d'observation est jugée prioritaire par les auteurs du rapport d'évaluation. Ils indiquent, en ce qui concerne la fréquentation du port d'Abidjan par les navires communautaires, le besoin de rendre ce port « plus attrayant techniquement et financièrement en procédant à une amélioration de la qualité des prestations ». L'inscription de certains gros ouvrages et activités au budget du prochain Fonds européen de développement (FED) est suggérée.
L'accord de partenariat sur le secteur de la pêche conclu entre l'UE et la Côte d'Ivoire couvre la période du 1er juillet 2007 au 30 juin 2013. La contribution financière de l'UE, qui s'élève à 595 000 euros, est entièrement destinée à soutenir la politique de pêche de la Côte d'Ivoire. Cet accord autorise les navires communautaires venant principalement d'Espagne, du Portugal et de France à pêcher dans les eaux ivoiriennes. Il fait partie du réseau d'accords sur la pêche au thon couvrant l'Afrique de l'Ouest.
Les possibilités de pêche octroyées par le protocole 2007-2013 concernent uniquement les navires thoniers (senneurs et palangriers). Le tonnage de référence est de 7 000 tonnes. Le taux d'utilisation des possibilités de pêche des palangriers a été nul au cours de ces trois dernières années tandis que celui des senneurs communautaires est de 100 %, ce qui correspond à 25 navires. Cela ne se matérialise pas pour autant par des captures de thons équivalentes au tonnage de référence annuel. La moyenne annuelle des captures des senneurs espagnols et français, au cours de la période 2007-2010, est en effet de 3 500 t, soit la moitié du tonnage de référence. Les possibilités de captures ne sont donc utilisées en moyenne qu'à hauteur de 50 %. Le rapport souligne le besoin de revoir le tonnage de référence à la lumière de l'utilisation observée ces dernières années.
Les autres conclusions du rapport de la Commission sont les suivantes: - sur le plan de l'efficacité globale, l'accord avec la Côte d'Ivoire respecte les principes de la bonne gouvernance de l'UE ; - sur le plan technique, la mise en œuvre de l'accord se fait dans de bonnes conditions hormis en matière de contrôle et de surveillance du fait de l'absence d'un cadre légal, d'équipements en état de fonctionnement (pour le suivi par satellite des navires, par exemple) et de moyens humains et nautiques ; - sur le plan économique, les accords thoniers avec les pays africains génèrent quelque 800 postes de marins européens et africains. Au prorata des captures, l'accord avec la Côte d'Ivoire engendre environ 420 emplois à terre (usines de transformation et services d'avitaillement) ; - la valeur des captures réalisées dans la zone ivoirienne est de 4 millions d'euros par an ; - la valeur ajoutée générée par l'accord est de l'ordre de 2 millions d'euros, dont 360 000 euros pour la Côte d'Ivoire et 1,6 million pour l'UE ; - la valeur des débarquements à destination des usines est d'environ 45 millions d'euros par an, tandis que celle à destination du marché local est de l'ordre de 12 millions d'euros ; - la valeur ajoutée induite par les débarquements et les transbordements est de l'ordre de 2 millions d'euros par an ; - sur le plan de la ressource, la faiblesse relative des captures dans la zone ivoirienne « ne compromet pas le renouvellement des stocks de thonidés et n'engendre pas de concurrence aux flottes ivoiriennes ». (LC)