Bruxelles, 26/10/2012 (Agence Europe) - Pour la seconde fois la Roumanie se voit frappée de suspension de paiements dans trois programmes cofinancés par les fonds structurels européens pour cause de mauvaise gestion et manque de contrôle. Bucarest a deux mois pour convaincre la Commission qu'elle prend le taureau par les cornes, bien que ce ne soit pas une première dans le pays.
Le ministre roumain chargé des Affaires européennes, Leonard Orban, rencontrait vendredi 26 octobre le commissaire européen à la Politique régionale, Johannes Hahn. Les corrections financières auraient été au cœur du débat et, selon une source officielle, le commissaire estimerait que les discussions progressent bien et de façon constructive. Tous deux s'accordent aussi à penser que des mesures urgentes sont à prendre pour améliorer la capacité administrative afin d'accélérer l'absorption des fonds dans le pays. La Commission a adressé, jeudi 25 octobre, trois lettres à la Roumanie confirmant la « pré-suspension » d'une large partie de trois programmes cofinancés par les fonds structurels relatifs au transport, aux régions et à la compétitivité. Des problèmes auraient été détectés dans l'attribution des marchés publics, dans la gestion financière, et dans la prévention et la recherche des fraudes ou conflit d'intérêt.
La Commission va suspendre ses paiements pour ces trois programmes jusqu'à ce que la Roumanie prouve que des mesures ont été prises pour combler les lacunes dans les deux mois. Ces mesures devront être attestées par l'autorité nationale d'audit, qui donnera son aval in fine pour que la Commission reprenne les versements. Dans une déclaration, la Commission insiste sur le fait que « le pays a besoin de cet argent et la Commission veut reprendre les paiements aussitôt que possible. C'est désormais aux autorités roumaines de prouver que les systèmes de gestion et de contrôle fonctionnent. Maintenant c'est une action urgente qui compte ».
Aussi, la Commission suggère-t-elle une correction financière qui concernerait 10 à 25 % des paiements de ces programmes et d'un quatrième lié à l'environnement. Les montants pourraient être redirigés vers des projets, au sein de ces programmes, qui font preuve d'une meilleure gestion. « C'est difficile de donner un montant à ce propos, car cela dépend de l'acceptation de ces corrections par les autorités roumaines ; dans l'affirmative, cela avoisinerait les 500 millions d'euros », a indiqué la porte-parole de la commission dans le dossier, Shirin Wheeler, rappelant que la procédure était la même pour tous les pays, et que la Roumanie n'y faisait pas exception.
En 2011, des versements provenant du Fonds européen de développement régional et du Fonds de cohésion avaient déjà été interrompus, pour être rétablis à la fin de la même année. Mais des audits réalisés cet été ont démontré que les problèmes persistaient. (MD)