Bruxelles, 26/10/2012 (Agence Europe) - Les négociations sur le cadre financier pluriannuel 2014-2020 entrent dans le vif du sujet, avec la présentation, lundi 29 octobre, d'une nouvelle version de la boîte de négociation contenant pour la première fois des chiffres sur les dépenses.
Le texte sera présenté lundi au COREPER (Comité des représentants permanents des États membres auprès de l'UE) et la Présidence chypriote indique que les arbitrages sont toujours en cours sur les chiffres qui seront proposés. Elle prendra une décision ce week-end, en étroite collaboration avec le cabinet du président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, sur les données chiffrées de la boîte de négociation. Elle refuse de commenter les informations dans la presse faisant état d'une réduction d'au moins 40 milliards d'euros, touchant toutes les rubriques du budget de l'UE (politique agricole commune et politique de cohésion notamment), de la proposition de la Commission européenne. Celle-ci table sur un cadre financier 2014-2020 de 1 033 milliards d'euros en crédits d'engagements et de 987 milliards en crédits de paiements pour la période 2014-2020, soit une hausse de près de 5 % par rapport à la période 2007-2013.
La Présidence chypriote n'a pas de calendrier précis sur la suite des négociations d'ici au Conseil européen des 22 et 23 novembre, à Bruxelles, où les chefs d'État vont tenter d'arracher un accord sur ce dossier. Un Conseil Affaires générales se tiendra quelques jours avant le sommet européen, nous indique-t-on.
Pour rappel, la proposition de la Commission est rejetée par sept pays - Royaume-Uni, France, Allemagne, Pays-Bas, Finlande, Suède et Autriche -, les 'Amis du dépenser mieux', tous contributeurs nets au budget de l'UE. Ils demandent que la proposition de la Commission soit rabotée de 150 milliards d'euros en crédits d'engagement. À l'inverse, 14 États de l'UE (Bulgarie, République tchèque, Estonie, Grèce, Hongrie, Lituanie, Lettonie, Malte, Pologne, Portugal, Roumanie, Slovaquie, Slovénie, Espagne) qui se surnomment 'les Amis de la cohésion', tous bénéficiaires nets du budget européen, défendent un budget ambitieux, au minimum celui proposé par la Commission européenne.
Le président du Conseil européen, Herman Van Rompuy, a pris son bâton de pèlerin pour tenter de ramener les pays de l'UE au sens du compromis. Il s'est ainsi rendu jeudi à Londres pour rencontrer David Cameron. Le Premier ministre britannique a beaucoup à perdre en maintenant une attitude intransigeante. Sans accord, le prochain budget sera aligné sur celui de 2013 (et même ajusté à la hausse, compte tenu de l'inflation). « Au bout du compte, ce serait effectivement plus onéreux », a souligné Herman Van Rompuy à Londres. L'argent investi dans des projets d'infrastructure dans des pays comme la Hongrie profite aussi à des entreprises du Royaume-Uni, a-t-il ajouté devant les patrons britanniques. (LC)