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Bulletin Quotidien Europe N° 10714
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) mÉditerranÉe

Vers une Communauté de l'énergie, de l'agriculture et des migrations

Amman, 19/10/2012 (Agence Europe) - Les Conseils économiques et sociaux (CES) de l'UE et de ses États membres et des pays du pourtour méditerranéen, sauf évidemment la Syrie, réunis à Amman (Jordanie) depuis mercredi et pour trois jours, ont largement débattu des suites des « révolutions » arabes et de la réponse que doit apporter l'Europe aux attentes des populations concernées. Les échanges de vues, parfois assez contradictoires sur des thèmes sensibles, auxquels ont contribué pour la première fois des ONG et autres associations de la société civile, ont été centrés autour de rapports coordonnés par le CES européen. Le premier a traité du besoin d'une « gouvernance améliorée » et ceci par « la promotion de l'influence de la société civile et son association au processus de décision ». L'UE « doit renforcer sa politique européenne et de voisinage, en particulier dans la région euroméditerranéenne » et « doit clairement soutenir les politiques d'aide aux démocraties et aux réfomes » et veiller au risque de « retours en arrière ».

Au cours du débat, le reproche a été fait par le représentant de la Ligue tunisienne des droits de l'homme d'avoir manqué de vigueur dans la sanction des dictatures. Les mêmes reproches de faiblesse passée de la détermination européenne face aux répressions a été fait par divers orateurs de la rive sud, au sujet de la situation des femmes ou de la presse, non seulement en rappel du passé mais aussi pour mettre en garde contre la perception des risques futurs. La situation générale ne semble pas inspirer beaucoup d'optimisme et requiert, de l'avis général, un surcroît de vigilance.

En rapport avec ce thème, la discussion a aussi pointé du doigt la « faiblesse des moyens », la « bureaucatie » pesante dans le recours au fonds de soutien disponible et souligné le besoin d'un dialogue structuré et renforcé. Les associations de la société civile sont, elles, appelées à prouver davantage d'efficacité et à accroître leurs capacités de « réseautage » aussi bien « Sud-Sud » que « Nord-Sud ». La conclusion serait que des efforts similaires sont attendus aussi bien de la part de l'UE que de ses partenaires et l'engagement à travailler à l'élaboration de « nouvelles pistes ». Car, « malgré la situation encore incertaine, il est indispensable que l'Europe passe rapidement à la vitesse supérieure vis-à-vis de la Méditerranée et revoie ses politiques » pour mieux les adapter au contexte nouveau.

La lutte contre la corruption, thème d'un autre rapport, a été illustrée par une présentation riche du représentant de l'association marocaine 'Central corruption prevention' qui a fait part de l'expérience dans son pays. Au cours du débat, plusieurs orateurs de la rive sud ont demandé à compléter le tableau en visant aussi bien les corrompus que les corrupteurs et, ont conclu que nulle partie de la Méditerranée n'est à l'abri ni exempte de reproches ou simple accusatrice. La vertu étant plus à rechercher dans le contrôle et la prévention que dans la capacité réelle à endiguer pleinement de telles pratiques. « Il faut savoir où placer le curseur » a dit l'orateur indiquant l'utilité de fixer une sorte de « seuil de tolérance », par besoin d'efficacité. Le représentant des syndicats euroméditerranéens a, lui aussi, souligné la détermination à se mobiliser contre la corruption et en même temps de redynamiser un dialogue social affaibli dans la foulée des piétinements de l'UpM 'première version'.

La liberté de la presse a fourni un autre débat, assez animé, et un représentant des associations de journalistes jordaniens a témoigné de la lourdeur de la poigne officielle sur les médias et appelé l'UE à réagir de façon plus déterminée.

Sur la situation de la femme, autre rapport présenté au cours de la session, les représentantes des CES et des ONG de la rive sud ont été nettement plus incisives dans leurs appréciations que ce que décrivait le rapport. Une représentante du CES jordanien a dressé un tableau sombre de la situation de la femme, appuyée par des interventions de représentants marocain, tunisien et algérien pour qui le temps n'est plus aux voeux mais à l'action contre les régressions programmées. Les autres rapports ont traité du développement durable et de la coopération dans l'énergie ; deux interventions remarquées ont été entendues à ce sujet. Celle du secrétaire général adjoint de l'UpM (Union pour la Méditerranée), Sotiri Varouxakis, qui a annoncé que de nouvelles pistes seront annoncées prochainement dont une, fin octobre, sur les capacités industrielles dans le domaine des énergies renouvelables dont le développement est fixé comme une priorité. Une « feuille de route » est en préparation a-t-il dit. L'autre intervention remarquée est due au représentant du think tank « Notre Europe » créé par Jacques Delors qui a rappelé l'initiative de l'ancien président de la Commission en faveur d'une « Communauté euroméditerranéenne de l'énergie ». « Le charbon et l'acier ont fait l'Europe, l'Euroméditerranée se fera par l'énergie, l'agriculture et la migration », a affirmé Sami Andoura délégué à Amman par « Notre Europe ». Le rapport des CES présenté à la session précise que c'est dans le volet industriel de l'énergie que l'on trouve un « large potentiel d'intégration » euroméditerranéenne. Cependant, le « dépassement des relations bilatérales » est recommandé. (FB)

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