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Bulletin Quotidien Europe N° 10709
Sommaire Publication complète Par article 20 / 33
POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) agriculture

Mise en garde contre le projet en matière de biocarburants

Bruxelles, 11/10/2012 (Agence Europe) - Dans une lettre envoyée jeudi 10 octobre à la Commission européenne, le COPA-COGECA exprime son opposition aux projets de cette dernière visant à imposer des facteurs ILUC (Indirect Land Use Change) et une limite de 5 % à l'utilisation de biocarburants produits à partir de cultures agricoles. Le COPA-COGECA met en garde contre ce revirement qu'il juge totalement irresponsable et qui menacerait l'approvisionnement en aliments pour animaux, l'emploi et la croissance verte dans les zones rurales de l'UE. La Commission doit adopter ses propositions le 17 octobre.

Le COPA-COGECA affirme qu'il est absolument inadmissible que le rapport de l'Institut international de recherche sur les politiques alimentaires (IFPRI), qui n'a pas fait l'objet d'une évaluation par les pairs, serve de référence pour introduire des facteurs ILUC. Du fait d'erreurs de données critiques et d'importants problèmes méthodologiques, le modèle utilisé dans ce rapport ne permet pas d'estimer avec précision l'ampleur du changement d'affectation des sols et les émissions de gaz à effet de serre qui en résultent. Par exemple, le rapport ne tient pas compte de 410 millions d'hectares et des mesures de protection inscrites dans la directive 2009/28, comme les interdictions de changement d'affectation des sols.

Le COPA-COGECA s'oppose au plafonnement à 5 % pour les biocarburants produits à base de cultures alimentaires et fourragères. La limitation pour les biocarburants produits à partir de cultures alimentaires met également en péril l'amélioration de l'autosuffisance européenne en protéines destinées à l'alimentation animale. En effet, seule une partie des cultures d'oléagineux, de céréales et de betteraves sucrières utilisées pour produire des biocarburants est réellement convertie en énergie. La majorité reste dans le secteur de l'alimentation animale, les coproduits à haute teneur en protéines issus de la production de biocarburants contribuant à la réduction de la forte dépendance de l'UE vis-à-vis des importations d'aliments pour animaux. Grâce à la production de biocarburants, la surface de colza de l'UE est passée depuis 2000 d'environ 2 millions d'hectares à 6 millions dans l'UE-27. Ce projet menace par ailleurs des emplois dans les zones rurales. L'industrie européenne des biocarburants a réalisé des investissements à hauteur de 14 milliards d'euros et fournit, selon les estimations, un emploi direct à quelque 100 000 citoyens européens.

En vue de la publication de cette proposition, Pekka Pesonen, secrétaire général du COPA-COGECA, a souligné: « Les biocarburants offrent de nombreux avantages en termes de réduction des émissions de gaz à effet de serre et de dépendance énergétique ainsi que d'emploi dans les zones rurales européennes. Ils peuvent être produits dans l'UE de façon durable, sans entraîner de changements d'affectation des sols dans les pays tiers. Une augmentation de la production européenne de biocarburants allégerait également les pressions foncières dues à la production de soja dans les pays non européens et aiderait à lutter contre la déforestation des forêts tropicales. À l'heure actuelle, les biocarburants font partie de la bioéconomie dans les zones rurales. C'est pourquoi nous jugeons les projets de la Commission totalement incohérents et irresponsables, à plus forte raison dans le cadre de la crise économique actuelle. Nous estimons donc qu'il est indispensable de les réviser. » (LC)

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