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Bulletin Quotidien Europe N° 10709
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) affaires ÉtrangÈres

Renforcement des sanctions contre la Syrie et l'Iran

Bruxelles, 12/10/2012 (Agence Europe) - Le Conseil des Affaires étrangères de ce lundi 15 octobre devrait renforcer les sanctions contre l'Iran et la Syrie et évoquer le soutien possible de l'UE à une intervention au Mali.

Les ministres des Affaires étrangères discuteront de la Syrie et devraient renforcer leurs sanctions. Vingt-huit personnes et deux entités verront leurs avoirs gelés et une interdiction de visa, avec « l'idée d'avoir un effet dissuasif sur les personnes qui entourent les autorités, avec une logique de revirement », explique une source. L'UE devrait aussi interdire l'achat d'armes à la Syrie, leur transport et la fourniture des services d'assurances à ces transports afin de ne pas aider la coopération militaire de la Syrie avec d'autres pays, souligne une source européenne. La Syrian Airlines ne pourra plus atterrir en Europe. Le Conseil s'entretiendra entre autres sur l'assistance aux réfugiés et aux personnes déplacées à l'intérieur du pays, les implications régionales du conflit, les contacts avec l'opposition syrienne et le soutien aux efforts diplomatiques du Représentant spécial Lakhdar Brahimi. Dans ses conclusions, il devrait réaffirmer ses profondes préoccupations face à la dégradation croissante de la situation et aux effets de contagion dans la région.

Les ministres prendront également des sanctions supplémentaires contre l'Iran, en raison du manque de progrès dans les négociations concernant son programme nucléaire. L'UE va ainsi interdire l'importation de gaz iranien vers l'UE, et renforcer le gel des avoirs de la banque centrale iranienne. Il y aura aussi une interdiction de fournitures utilisées pour le programme nucléaire. Le secteur du transport est aussi visé, avec l'interdiction pour les compagnies européennes de fournir des bateaux pour le transport du pétrole iranien. Une personne et 34 entités seront ajoutées à la liste des interdictions de visa et gel des avoirs. Selon un autre diplomate, le paquet de sanctions est « ambitieux », pour « donner un encouragement à la négociation ».

Mali. À quelques jours du sommet UA/UE/CEDEAO (Bamako, 19 octobre) où doit être précisée, sous l'égide de l'ONU, la stratégie mêlant dialogue et possible intervention militaire au Mali, les ministres auront un échange de vues sur la forme que pourrait revêtir une aide de l'UE au secteur de la sécurité du Mali dont le Nord est aux mains de groupes armés et d'islamistes radicaux terrorisant la population et menaçant la stabilité de tout le Sahel (EUROPE n° 10707 ). Les conclusions qu'adoptera le Conseil inviteront Mme Ashton et la Commission européenne à examiner l'option d'un appui rapide à l'Union africaine et la CEDEAO dans le domaine de la planification, et à envisager un soutien financier. Rappelons qu'en juillet, le Conseil s'était montré disposé à apporter un soutien au possible déploiement d'une force de stabilisation de la CEDEAO bien préparée sous mandat du Conseil de sécurité de l'ONU ainsi qu'en concertation avec un gouvernement d'union nationale et l'Union africaine, et à contribuer à la restructuration des forces de sécurité et de défense maliennes sous contrôle civil.

Prolongation des sanctions contre Minsk

Le Conseil va aussi prolonger les sanctions contre le Belarus qui expirent le 31 octobre, mais ne devrait pas en ajouter, souligne un diplomate européen. Ainsi, dans la mesure où tous les prisonniers politiques n'ont pas été libérés, qu'aucun prisonnier libéré n'a été réhabilité et que le respect des droits de l'Homme, de l'État de droit et des principes démocratiques n'a pas progressé, les 243 responsables biélorusses, y compris le président Loukachenko et le ministre des Affaires étrangères bélarusses, continueront à faire l'objet d'une interdiction de visa, et avec 32 entités, du gel de leurs avoirs.

Les ministres adopteront aussi des conclusions sur la Géorgie, à la suite des élections législatives du 1er octobre et sur la suite des relations. Ils discuteront également de la prochaine réunion UE/ Ligue arabe mi-novembre, et des travaux préparatoires pour la Task force avec l'Égypte, prévue le 13 novembre. Le Conseil va dresser un état des lieux du processus de paix au Proche-Orient, alors que des ministres et la Haute représentante ont rencontré les Israéliens et les Palestiniens à New York. Les ministres vont commencer à réfléchir sur la position de l'UE par rapport à l'initiative de l'Autorité palestinienne visant à devenir un État observateur non membre de l'Assemblée générale des Nations unies. Les ministres discuteront brièvement de la suite à donner au sommet avec la Chine afin de préparer le bref échange de vues qui aura lieu lors du Conseil européen des 18 et 19 octobre.

Rencontre avec Lavrov

En amont du Conseil, dimanche soir, lors d'un dîner informel, les ministres des Affaires étrangères et la Haute représentante rencontreront le ministre des Affaires étrangères russe, Sergueï Lavrov, pour discuter de la Syrie. Les Européens et les Russes vont essayer de réduire leurs divergences. L'UE souhaite aussi savoir ce que la Russie dit au régime syrien, avec lequel elle a des contacts. Les Européens souhaiteraient que les Russes fassent des concessions alors que les Russes pensent que certains États membres qui font partie du Conseil de sécurité des Nations unies n'ont pas assez pris en compte leurs positions et ne sont pas assez flexibles. Russes et Européens s'entretiendront également de l'Iran mais aussi de questions bilatérales, tels que les visas, la mobilité, l'énergie ou le partenariat pour la modernisation, à la demande de M. Lavrov. (CG/AN)

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