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Bulletin Quotidien Europe N° 10683
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SOCIAL - ÉDUCATION / (ae) social

Barroso, Van Rompuy, Schulz énoncent leurs visions sur l'emploi

Bruxelles, 06/09/2012 (AgenceEurope) - Comment aboutir à une reprise économique riche en emplois constitue le thème principal de la conférence « Jobs for Europe », qui se déroule sur deux jours et est organisée par la Commission européenne. Elle a débuté jeudi 6 septembre par les interventions des présidents, José Manuel Barroso (Commission), Martin Schulz (Parlement européen) et Herman Van Rompuy (Conseil européen). Si tous se sont accordés pour décrire la situation actuelle sur les marchés de l'emploi comme étant une « véritable crise d'urgence sociale », selon l'expression de M. Barroso, les opinions qu'ils ont exprimées au sujet des voies à suivre pour sortir de la crise n'ont pas seulement divergé sur la forme, mais également quant au rôle des institutions européennes et des États membres de l'UE dans l'élaboration des politiques de l'emploi.

En avril 2012, la Commission a présenté des mesures de relance de l'emploi qui incluent notamment des propositions plutôt controversées comme l'instauration de plusieurs tranches dans les systèmes de salaire minimum. Ce 'paquet emploi' constitue, durant cette conférence, le paradigme de fond pour toutes les discussions. Ainsi, le commissaire Laszlo Andor (Emploi, Affaires sociale et Inclusion), en guise d'introduction, a exhorté les gouvernements de procéder à sa « forte implémentation ». Ces mesures sont des propositions non contraignantes, car elles constituent plutôt un cadre de référence pour les idées de relance, mais M. Barroso a déclaré qu'aujourd'hui « nous avons besoin de viser une approche communautaire intégrée des politiques et une meilleure coordination de la politique de l'emploi et sociale au niveau national et de l'UE ». « Nous avons besoin d'une réponse unifiée à la crise de l'emploi et sociale », a-t-il ajouté, suggérant ainsi que ces mesures visent aussi à unifier les approches nationales en matière sociale. De son côté, M. Andor a évoqué, durant la conférence de presse, la nécessité d'associer à la gouvernance économique une « gouvernance de l'emploi » européenne.

Le thème de la coordination des politiques de l'emploi, sur la base de ce 'paquet emploi', est également apparu dans le discours de M. Van Rompuy. Mais cette fois, l'accent a été mis sur la responsabilité individuelle des États. Les traités actuels exigent déjà que les politiques en matière d'emploi soient conçues « comme un sujet de préoccupation commune », a-t-il rappelé. La lutte contre le chômage est une responsabilité nationale, bien que les instruments européens, comme le Fonds social européen, soient là pour soutenir les actions des gouvernements. Des actions qui ont été toutefois, selon lui, trop souvent pensées à travers le seul prisme des intérêts locaux, alors que leur influence est évidente sur les autres membres du marché unique.

La divergence de vues semble mince, mais elle montre que la Commission pense associer l'intégration économique à une coordination plus étroite des politiques sociales, sans parler encore de domaine communautaire, alors que pour le président du Conseil, l'UE doit agir en tant que facilitateur de création d'emplois, mais sans forcement étendre les compétences de l'Union dans ce domaine.

Quant à l'intervention de M. Schultz, elle a été principalement axée sur une critique de l'approche actuelle en matière de relance économique. Pour le président du Parlement, les dirigeants européens actuels se sont fixé, jusque là, la stabilité de la zone euro comme but ultime de toutes leurs actions, en recourant à des restrictions drastiques des budgets nationaux. Or, la stabilité économique doit constituer un moyen et non une fin, car l'objectif primordial est de lutter contre le chômage, particulièrement chez des jeunes, et contre les inégalités sociales. La réponse de M. Van Rompuy s'est voulue conciliante avec les propos de M. Schulz, mais tout en défendant une approche fondée sur l'austérité budgétaire. La raison en est que si la stabilité monétaire n'est pas une fin en soi, elle est néanmoins une condition préalable à toutes les autres actions, a-t-il expliqué. (JK)

 

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