Bruxelles, 06/09/2012 (Agence Europe) - Pour le prochain directeur général du Bureau international du Travail (BIT), Guy Rider, et pour Christopher Pissarides, prix Nobel de l'économie en 2010, le 'paquet emploi' présenté par la Commission européenne en avril dernier contient des mesures souhaitables pour relancer l'emploi. Mais si M. Rider craint, comme il l'a affirmé dans un entretient avec EUROPE, dont nous publierons l'intégralité dans notre prochaine édition, que le défi principal soit de réussir à mettre en œuvre toutes les idées qu'il contient, M. Pissarides redoute, de son côté, que ces mesures n'aillent pas suffisamment loin et ciblent mal les secteurs à fort potentiel d'emplois, a-t-il affirmé durant la conférence « Jobs for Europe » (voir autre nouvelle), jeudi 6 septembre.
Pour les deux participants à cette conférence, qui se déroule actuellement à Bruxelles, des politiques actives de relance de l'emploi sont indispensables, à l'heure où le chômage dans la zone euro dépasse les 11%. M. Pissarides a posé ainsi un constat simple: à court terme, il n'y aura pas de reprise sur le marché de l'emploi au sein de l'UE dans le contexte actuel, avec les plans d'austérités budgétaires. Par ailleurs, si les deux intervenants concèdent qu'il faut aménager les salaires minima dans certains États membres, ce qui est un des points forts du 'paquet emploi', cela ne peut se faire qu'à travers des négociations collectives.
Toutefois, la priorité ne devrait pas être accordée à la productivité. Selon M. Pissarides, durant une période de récession, il peut être favorable à long terme d'accepter une plus faible productivité, si des réformes de flexibilisation de la demande sur le marché de travail sont réalisées. L'État doit aussi favoriser l'emploi, y compris en dépensant plus, car il faut sortir de la seule perspective d'un budget annuel, a-t-il argumenté. Finalement, parmi les trois secteurs, celui des TIC, de l'économie verte et de la santé, que la Commission souhaite cibler, seul le dernier apparaît comme une véritable source de création d'emploi. L'ICT est un marché trop restreint et l'économie verte peut créer de l'emploi, mais elle en détruit dans l'économie dite 'sale'. (JK)