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Bulletin Quotidien Europe N° 10651
POLITIQUES SECTORIELLES / (ae) climat

Conseil informel de Nicosie, recette pour plus d'adaptation et plus d'eau

Bruxelles, 09/07/2012 (Agence Europe) - Pour les ministres de l'Environnement et du Changement climatique des 27, nul doute que l'adaptation au changement climatique doit être d'urgence intégrée dans toutes les politiques sectorielles, de l'UE et des États membres (politique agricole commune et la politique de cohésion au premier chef, mais aussi énergie, transports, industrie, bâtiments, eau, utilisation des sols), et qu'en cette période de crise, le financement des mesures d'adaptation doit pouvoir bénéficier de sources de financement fiables. Ce consensus qui s'est dégagé de la réunion informelle du Conseil Environnement à Nicosie (EUROPE n° 10650) a permis à la présidence de consigner dans des conclusions « des propositions concrètes dont il sera tenu compte dans l'élaboration de la future stratégie européenne d'adaptation et d'autres politiques encore », s'est réjoui Sofoclis Aletraris, ministre de l'Agriculture, des Ressources naturelles et de l'Environnement de Chypre qui a présidé la session. Matthias Groote (S&D, allemand) président de la commission de l'environnement du Parlement s'est réjoui que « Les ministres semblent reconnaître qu'il est essentiel d'investir dans l'adaptation au changement climatique dès à présent plutôt que d'avoir à faire face, plus tard, aux coûts beaucoup plus importants des inondations et autres impacts de ce phénomène ». Et d'ajouter: « Améliorer la gestion de l'eau va de pair avec une bonne politique climatique ». La présidence chypriote a donc utilement fait d'une pierre deux coups en consacrant cette session à ces deux sujets. Le programme d'action pour la sauvegarde des ressources en eau est attendu en novembre, et la future stratégie d'adaptation en 2013.

Adaptation. De l'avis des 27, les mesures d'adaptation étant au premier chef du ressort des États membres, la stratégie européenne d'adaptation devra être souple et tenir compte de la diversité des conséquences du changement climatique, de la vulnérabilité et de la capacité d'adaptation des États membres ainsi que du degré d'avancement et de mise en œuvre de leurs stratégies nationales. Sa vocation première devrait être de soutenir les efforts nationaux tout en orientant l'action collective, la coopération transfrontalière et l'échange de connaissances et de meilleures pratiques.

La proposition de budget 2014-2020 devrait encourager et faciliter l'investissement public en faveur de l'adaptation et garantir une mise en œuvre efficace des stratégies nationales qui doit, pour ce faire, bénéficier de financements fiables, tant publics que privés. Les gouvernements devaient donc poursuivre leurs efforts pour renforcer le rôle du financement et de l'expertise privés et pour mettre en place le cadre à même d'encourager les investissements privés (en sensibilisant les investisseurs potentiels aux besoins spécifiques et aux opportunités d'investissement, en leur fournissant des orientations, en associant le secteur privé à l'élaboration de stratégies nationales d'adaptation, en examinant les différentes options envisageables et la meilleure approche à adopter pour la couverture des risques par les assurances).

Pour aider les États membres à mieux utiliser les instruments financiers de l'UE qui ont intégré l'adaptation on pourrait: - mettre l'intégration au cœur des politiques sectorielles nationales et des fonds d'investissement ; - accroître les budgets nationaux consacrés à la recherche et à l'innovation en matière d'adaptation ; - guider les bénéficiaires et les investisseurs potentiels et demander aux autorités de gestion des fonds structurels et du Fonds de cohésion dans les États membres de fixer un certain nombre de conditions à remplir. Il faut renforcer l'échange d'informations et la diffusion des connaissances, notamment sur l'efficacité et l'aspect économique des différentes mesures d'adaptation envisageables et les possibilités de les financer.

Sauvegarde des ressources en eau. Conscients que les objectifs de la directive cadre sur l'eau (directive 2000/60/CE) ne seront pas atteints (un bon statut de l'eau en 2015), les ministres ont reconnu que ce n'est pas tant la directive qu'il convient d'amender - sa mise en œuvre doit être améliorée - mais bien plutôt les contradictions existantes avec les autres politiques sectorielles auxquelles il faudrait remédier.

« Nous pensons que le cadre juridique et politique existant suffit largement à relever les principaux défis qui se présentent », a déclaré le président du Conseil. De l'échange de vues un consensus s'est dégagé sur l'absence de solution unique qui satisfasse tous les besoins et correspondent à toutes les spécificités des États membres. Pour encourager l'intégration et la mise en œuvre de la politique de l'eau, les 27 prônent un financement suffisant pour mettre en œuvre les mesures, une gouvernance plus efficace dans le secteur de l'eau, la gestion de la demande en eau, la protection des écosystèmes hydriques, l'augmentation des quantités d'eau propre disponibles, une meilleure gestion des sécheresses, le recours accru aux instruments économiques, la promotion de l'innovation et le renforcement de la coopération internationale, la création de normes européennes relatives à la réutilisation et l'utilisation efficace de l'eau. C'est là leur contribution informelle au plan d'action que prépare la Commission. (AN)

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