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Bulletin Quotidien Europe N° 10651
ÉCONOMIE - FINANCES - ENTREPRISES / (ae) bce

Draghi, la supervision d'abord, la mutualisation des dettes ensuite

Bruxelles, 09/07/2012 (Agence Europe) - Le président de la BCE Mario Draghi a déclaré lors de sa rencontre avec les membres de la commission parlementaire des affaires économiques et monétaires du Parlement européen qu'une mutualisation de la dette, sous une quelconque forme, ne pourrait être que « le point d'arrivée d'une union budgétaire ». « Un fonds d'amortissement de la dette est une proposition plutôt intelligente, comme d'ailleurs d'autres idées », a-t-il estimé. Cependant, « ma suggestion est d'être pragmatique, concentrons-nous sur ce qui peut être fait maintenant », a ajouté M. Draghi, estimant en outre qu'il fallait essayer d'obtenir le plus grand nombre de résultats « dans le cadre des Traités actuels ».

À Jean-Paul Gauzès (PPE, France) qui lui demandait quand les paroles allaient être traduites en faits, M. Draghi a rétorqué que de nombreux gouvernements avaient déjà amorcé les efforts de réformes. Cependant, la mise en place de celles-ci étant « relativement récente » et nécessitant du temps, cela expliquerait que l'on n'en voit pas encore les avantages. D'autant plus que certains gouvernements ont tendance à « se concentrer sur la hausse des impôts plutôt que de réduire les dépenses publiques ». Le président de la BCE a alors insisté sur l'importance de ces programmes de réformes. « L'assistance financière (qu'ont reçue certains pays) n'est que d'ordre temporaire », c'est pourquoi la qualité des réformes est « vitale » pour retrouver un « plein accès » au marché des capitaux. Cela pourrait en outre prendre un « certain nombre d'années », c'est pourquoi M. Draghi a appelé les États à faire preuve de « persévérance ».

Sur l'Union bancaire. M. Draghi a confirmé que l'Union bancaire serait une réalité mais que la première étape serait la supervision unique. Il a en outre estimé que cette union porterait « avant tout sur la zone euro » et qu'il fallait agir sans affaiblir, d'un côté, le marché intérieur et, de l'autre, la monnaie unique.

Sur l'organisation de la supervision. M. Draghi espère une proposition « qui placera la BCE dans une position (lui permettant) de s'acquitter de sa tâche avec rigueur, indépendance et sans risque pour sa réputation ». L'arrangement devrait en outre, selon lui, se fonder « sur les superviseurs nationaux ». M. Draghi a par ailleurs précisé que la question du type de banques à superviser était en cours d'examen.

Sur la zone euro. « Nous devons faire ce qui nous paraît correct, le faire ensemble et de manière intégrée », a insisté M. Draghi, avertissant qu'« il ne faut pas demander à la BCE d'outrepasser son mandat, ce qui remettrait en cause sa crédibilité ». « L'euro est là pour durer », a-t-il martelé. (EL-stag)

 

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