Bruxelles, 09/07/2012 (Agence Europe) - L'Envoyé spécial des Nations unies pour la Syrie, Kofi Annan, a annoncé, lundi 9 juillet, être parvenu à un accord avec le président syrien Bachar el-Assad, lors de leur rencontre, sur « une approche » qui sera soumise à l'opposition pour en terminer des violences. « Nous avons discuté de la nécessité de la fin des violences et des moyens d'y parvenir. Nous nous sommes mis d'accord sur une approche que je vais partager avec l'opposition armée », a-t-il expliqué, soulignant qu'il allait continuer le dialogue au travers de son équipe sur place. Le régime a assuré M. Annan de son engagement à appliquer son plan en six points, qui est pour l'instant un échec.
Dimanche 8, la Haute représentante de l'UE pour les Affaires étrangères a fermement condamné les bombardements de l'artillerie syrienne à la frontière avec le Liban, la veille, qui ont fait au moins deux morts et plusieurs blessés. « Ces incursions répétées doivent cesser immédiatement », a dit Catherine Ashton, appelant le régime au « respect de l'intégrité territoriale et à la souveraineté » de ses voisins. Elle a rappelé que « la brutalité du régime a eu des effets tragiques en Syrie mais aussi de graves répercussions dans les pays limitrophes, dont le Liban ». Mme Ashton a aussi salué Beyrouth pour son soutien aux réfugiés syriens et rappelé le soutien de l'UE à aider le Liban à faire face à la situation.
Chypre se prépare à une arrivée massive
Samedi 7 juillet, la ministre chypriote de l'Intérieur Eleni Mavrou a annoncé que son pays se prépare à l'évacuation d'Européens et de citoyens de pays tiers de la Syrie, estimés à 200 000 personnes, « sans compter les Syriens demandant une protection ». Le pays a prévu d'organiser un exercice de simulation, en octobre, pour cette évacuation. « Lorsque nous avons décidé cet exercice, la situation en Syrie était plus calme. J'espère juste que nous n'allons pas devoir réaliser une vraie évacuation », plutôt qu'un exercice, a précisé la ministre. « Nous nous attendons et préparons pour une arrivée en nombre », a-t-elle ajouté, soulignant que « toutes les autorités ont préparé un plan d'action ».
Mme Mavrou a précisé que pour l'instant, l'arrivée de Syriens est faible. « Quelques familles sont arrivés par la 'buffer zone' (zone de séparation entre la République de Chypre et Chypre nord) », a-t-elle précisé, appelant déjà à la solidarité européenne en cas d'arrivée massive. La situation en Syrie sera d'ailleurs discutée lors du déjeuner du Conseil informel des ministres de la Justice et des Affaires intérieures des 24 et 25 juillet.
De son coté, Catherine Ashton a indiqué à EUROPE qu'elle avait discuté de la situation lors de sa visite sur l'île et que le directeur du département de la réponse aux crises du SEAE, Agostino Miozzo, est à Chypre depuis lundi 9 pour voir les différents moyens d'actions disponibles avec les autorités de l'île. Elle a aussi rappelé qu'une délégation européenne est toujours présente en Syrie et qu'elle y restera tant que sa sécurité sera assurée.
Selon le Haut Commissariat aux réfugiés, plus de 100 000 Syriens ont fui leur pays pour la Turquie (35 500), la Jordanie (30 000) et l'Irak (6500), mais la Jordanie affirme en avoir déjà reçu plus de 120 000 et les réfugiés sont de plus en plus nombreux. (CG)