Bruxelles, 09/07/2012 (Agence Europe) - Après avoir accompli un tour de force lors du dernier Conseil européen (EUROPE n°10645) en obtenant que le MES puisse directement prêter aux banques, l'Espagne pourrait ne pas en être la première bénéficiaire. Pour l'Allemagne en effet, la condition sine qua non à cette recapitalisation directe des banques par les fonds de sauvetage n'est autre que la mise en place d'une supervision bancaire unique. Laquelle a été jugée « irréaliste » pour cette année par le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble. Lors d'un entretien publié dimanche 8 juillet par le quotidien espagnol El Pais, M. Shäuble a en effet exclu l'idée que cette supervision bancaire entre en vigueur cette année, comme l'espérait la zone euro. « Avant qu'une aide directe puisse être accordée aux banques, il faut que soit créée une supervision commune des banque (…) mais cette institution ne pourra pas commencer à fonctionner cette année. Ce n'est pas très réaliste », a-t-il déclaré. En clair, contrairement à ce qu'espérait l'Espagne, la recapitalisation des banques du pays pèsera donc sur l'endettement de l'État.
Pour satisfaire ses créanciers, Mariano Rajoy, chef du gouvernement espagnol, avait annoncé samedi 7 juillet un train de mesures destinées à réduire son déficit public, rapportait l'AFP ce week-end. Ces mesures, dont l'entrée en vigueur est prévue « en juillet » pour certaines, « et d'autres plus tard », selon M. Rajoy, devraient être présentées par le chef du gouvernement au parlement mercredi 11 juillet.
La Grèce demande un délai. Le nouveau ministre grec des Finances, Yannis Stournaras, a pour sa part jugé samedi 7 juillet lors du débat parlementaire sur la politique générale qu'un délai supplémentaire allait être nécessaire « en raison de la récession » pour mettre en œuvre les réformes conclues entre la Grèce et ses créanciers dans le cadre du plan de sauvetage. Le pays doit en principe assainir ses finances d'ici 2014, une échéance que le nouveau gouvernement grec juge trop courte. Il a toutefois exclu de renégocier avec la 'troïka' (BCE, Commission européenne, FMI) sans prendre « les mesures décrites dans le plan d'ajustement budgétaire ». « Il faut prendre les mesures inclues dans le deuxième prêt accordé au pays en février afin de ne pas mettre en danger les versements de ce prêt », a-t-il indiqué. Evangélos Vénizélos, chef du parti socialiste Pasok, membre de la coalition gouvernementale, a quant à lui plaidé pour une renégociation des termes du mémorandum grec, en tenant compte des « dernières décisions très importantes du sommet européen du 29 juin (...) qui favorisent les politiques de croissance ». À ses yeux, les parties doivent élaborer un « nouveau programme à moyen terme » et allonger le délai de l'ajustement budgétaire d'ici fin 2017. La 'troïka', présente à Athènes depuis le 3 juillet, a jugé qu'il était temps que la Grèce reprenne les réformes, suspendues avec les élections.
Le nouveau ministre grec des Finances devait en outre expliquer devant l'Eurogroupe lundi soir comment son pays envisage de remettre le mémorandum sur les rails (EUROPE n°10650). Quant au mémorandum espagnol, il devrait être bouclé pour fin juillet. (EL-stag).