Bruxelles, le 25/06/2012 (Agence Europe) - Alors que le registre transparence, lancé conjointement par la Commission européenne et le Parlement européen, célébrait son premier anniversaire vendredi 22 juin, l'association pour la transparence Alter-EU y dénonçait lundi 25 juin l'absence de nombreuses d'organisations. Les recherches de l'association ont ainsi démontré qu'une centaine d'entreprises pratiquant le lobbying dans le contexte européen, comme par exemple Goldman Sachs, étaient absentes du registre. Environ 70 groupes d'intérêts, dont la plupart sont basés à Bruxelles, n'y sont pas répertoriés non plus. Cependant, seuls manqueraient à l'appel les petits et moyens lobbies, la plupart des grands groupes d'intérêts y figurant en bonne et due forme. La plupart des cabinets d'avocat qui pratiquent le lobbying continuent également leur boycott, soit en étant totalement absents du registre, soit en refusant de divulguer au nom de qui ils défendent des intérêts. Même si la plupart des grands think tanks se sont enregistrés, certains y sont toujours introuvables, c'est le cas du 'European Centre for International Political Economy' (ECIPE). Le rapport d'Alter-EU dénonce également le fait que ces think tanks ne sont pas tenus de divulguer leurs sources de financement mais ont simplement l'obligation d'y indiquer si celui-ci est public ou privé. Alter-EU explique ce boycott par le caractère 'volontaire' de l'enregistrement. L'inscription permet en effet l'octroi d'une carte d'accès au Parlement européen, le rendant donc 'de facto' obligatoire. Mais, pour l'association, il s'agit bien d'un leurre, puisque les organisations ont la possibilité de se désinscrire pendant un temps « si elles veulent garder certains clients, activités ou dépenses non déclarés ». Alter-EU pointe alors la responsabilité des deux institutions qui sont à l'origine du projet: « Si la Commission et le Parlement acceptent que le registre continue selon sa présente forme », le risque est qu'il soit « discrédité », peut-on lire dans le rapport. L'association estime également que le registre n'est pas adéquatement contrôlé, ce qui nuirait à sa crédibilité et soulèverait des questions « quant à l'apport réel du registre à la transparence et à la responsabilité ». La Commission européenne s'était pour sa part félicitée du succès qu'avait rencontré le registre lors de sa première année d'existence. Plus de 5000 organisations y sont pour l'heure répertoriées. (EL-stag)