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Bulletin Quotidien Europe N° 10641
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ACTION EXTÉRIEURE / (ae) dÉveloppement durable

Beaucoup de bruit pour presque rien

Bruxelles, 25/06/2012 (Agence Europe) - Rio plus vain ou Rio -20, au choix. Les observateurs les plus amers n'ont pas été en peine de bons mots pour qualifier les maigres résultats du sommet onusien du développement durable (« RIO +20 ») qui s'est achevé vendredi 22 juin à Rio de Janeiro sur une déclaration minimaliste intitulée « l'avenir que nous voulons ». L'avenir étant pavé de bonnes intentions, pour fêter le 20ème anniversaire du sommet Planète terre, les 194 parties qui étaient censées écrire la feuille de route vers l'économie verte et l'éradication de la pauvreté dans le monde se sont contentées de fixer quelques objectifs à l'horizon 2015 en se gardant bien de consigner la moindre action contraignante. Déçue, l'Union européenne veut néanmoins voir dans ce sommet « une étape dans la bonne direction », pour reprendre les termes d'Andris Piebalgs, commissaire européen au Développement et négociateur en chef pour l'UE. « Nous aurions espéré des résultats plus ambitieux, notamment la fixation d'un calendrier précis pour la réalisation des objectifs dans les domaines prioritaires couverts par la déclaration. Mais nous saluons le fait que soit reconnu le rôle important de l'économie verte pour atteindre le développement durable et l'éradication de la pauvreté. Nous saluons aussi le fait que soit reconnues la nécessité d'un éventail plus large de mécanismes de mesure des progrès pour compléter le PIB et l'importance des rapports de durabilité des entreprises. Nous devons maintenant traduire ces mots en action », a-t-il déclaré samedi. Le commissaire considère également comme une avancée l'accord trouvé sur le renforcement du cadre institutionnel du développement durable et , en particulier, du Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE), même si l'UE a dû renoncer à ce stade à son espoir de voir le PNUE accéder au rang de véritable agence mondiale de l'environnement.

Regrettant que « la crise de l'eurozone ait détourné l'attention de Rio plutôt que servi de moteur à l'action », l'eurodéputé Matthias Groote (S&D, Allemagne), qui préside la commission de l'environnement du Parlement, estime que le sommet s'achève sur un 'Rio -20 résultats', c'est-à-dire « sur de bonnes intentions qui font écho au sommet d'il y a vingt ans plutôt que sur des objectifs contraignants et des calendriers qui pourraient établir une économie verte dans 20 ans ». La promesse d'un rôle accru pour le PNUE est un pas dans la bonne direction mais loin d'être suffisant pour le Parlement européen « qui appelait à la création d'une Cour internationale pour garantir la fin de l'impunité pour les crimes contre l'environnement ». Le Parlement analysera les résultats du sommet avec la Commission jeudi 5 juillet à Strasbourg.

Le CESE se réjouit que Rio +20 ait consacré le rôle de la société civile dans le développement durable. « Ce que l'UE a apporté à Rio de Bruxelles, c'est la manière dont nous intégrons le dialogue avec les partenaires sociaux et la société civile dans nos processus décision », avait déclaré José Manuel Barroso, lors d'une conférence organisée par le CESE en marge de Rio+20. Les ONG de l'environnement et du développement sont unanimes à vilipender le manque de volonté politique qui a conduit à l'échec du sommet. Que l'appel à mettre fin aux subventions aux énergies polluantes n'ait pu être entendu est jugé désolant. « À Rio, nous n'avons pas eu le futur que nous voulons parce que nous n'avons pas les dirigeants qu'il nous faut », constate Greenpeace pour qui « les dirigeants des pays les plus puissants, soutenus par le 'business as usual' ont honteusement placé les profits privés devant les peuples et la planète ». (AN)

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